http://www.philoreligion.com/
frover-blog.com RDF 1.0 Generatoradmin@over-blog.com2006-12-15T20:48:34Z
http://www.philoreligion.com/article-19335350.html
La suprématie du pape s’appuie sur plusieurs arguments :
L’argument de
convenance : il convenait de donner aux chrétiens une autorité visible, pour que tous soient un. Jésus lui-même a exprimé ce désir « que tous soient un », et le souci
de l’unité et de l’organisation dans l’Eglise se manifeste aussi dans les Actes des Apôtres (ch. 15) lorsqu’ils envoient une lettre apostolique à Antioche. Sans une autorité suprême
identifiable à partir de signes extérieurs (son unité, son universalité, sa sainteté, et le fait qu’elle descende de St Pierre), les hommes sont perdus, car la doctrine chrétienne n’est pas
contenue de façon explicite dans l’Ecriture. Elle se fonde sur elle, mais moyennant des principes d’interprétation, une certaine exégèse et une certaine traduction. Pour interpréter la Bible à
la seule lumière de son intelligence, il faut donc être à la fois philosophe, théologien, historien, exégète et archéologue. Bref, c’est impossible. C’est pourquoi les réformateurs protestants,
tout en adoptant le principe du libre examen, censé affranchir l’homme de toute autorité autre que celle de l’Ecriture, n’ont pas pu s’empêcher de créer de nouvelles institutions en concurrence
avec l’Eglise catholique. Quant aux évangéliques, rien qu’en France, ils se divisent en plus de 1800 églises !
Le recours aux Pères de
l’Eglise : les pères de l’Eglise à partir du IIIe siècle croient à la primauté de l’évêque de Rome. Ils le considèrent comme l’autorité suprême. C’est une des raisons qui ont
poussé Newman et d’autres théologiens du mouvement d’Oxford à se faire catholiques. On peut ajouter que le judaïsme avait sa hiérarchie et son autorité suprême. Il était somme toute assez
naturel que les chrétiens en eussent également une, en continuité avec la religion instituée par Dieu lors de l’Ancienne Alliance. On connaît l’attachement des orthodoxes à l’Eglise des
premiers siècles. Or ils ont signé en 2007 un accord par lequel ils reconnaissent tous la primauté de l’évêque de Rome. Les protestants et les témoins de Jéhovah sont en rupture avec l’Eglise
des premiers siècles en refusant cette primauté.
L’argument
scripturaire :
· « Pierre, tu es pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle, et je te
donnerai les clefs du royaume des cieux » (Mt 16, 18). Dans la Bible, le mot pierre ou rocher (en effet, le mot Kephas signifie roc, rocher) signifie la solidité, la stabilité. Et on sait
que les noms donnés par Dieu ont toujours une signification. Jésus dit que l’homme sensé construit sa maison sur le roc. Le rocher désigne même Dieu dans certains passages, pour la même raison
(il est fiable). La suite de la phrase va dans le même sens : les portes de l’enfer ne l’emporteront pas contre l’Eglise construite sur Simon-Pierre. Si Luther avait raison en croyant que la
papauté est l’œuvre du diable, ce passage deviendrait très difficile à interpréter. A propos des clefs du royaume, voir Isaïe 22, 20-24 : Ezechias remet les clefs à Elyaqim pour que tous voient
qu'il est son nouveau premier ministre. Jésus fait allusion à ce passage pour signifier que Pierre et ses successeurs auront désormais, de façon visible, l'autorité légitime.
· A la fin
du dernier évangile, Jésus dit à Pierre : « Pais mes agneaux, pais mes brebis » (Jn 21, 15). Que veut dire ce passage, sinon que c’est à Pierre et à ses successeurs que Jésus
confie l’autorité sur son troupeau ?
· « Satan vous a réclamés ; j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères… » (Lc 22,
32). Ce passage indique que Jésus préserve son Eglise de l’influence de Satan. Il confirme l’interprétation catholique du premier passage : les portes de l’enfer ne peuvent pas l’emporter
contre l’Eglise, tout simplement parce que Dieu, dans sa toute-puissance, la protège des corruptions doctrinales.
· Il faut
ajouter à cela plusieurs indices insuffisants en eux-mêmes, mais qui ont valeur de confirmation : avec l’aide du Seigneur, Pierre marche sur le lac (la mer et l’eau symbolisent le mal – el
la Bible voit en Dieu le « maître des eaux ») ; il accomplit une pêche miraculeuse (deux fois) (ceci semble avoir un sens prophétique, Jésus ayant dit à Pierre qu’il le ferait
pêcheur d’hommes) ; la prédication de Notre Seigneur se fait à partir de la barque de Pierre ; enfin, après sa prédiction, c’est à Pierre que Jésus apparaît en premier.
N. B. : le chiffre de la bête dans l’Apocalypse ne peut pas désigner le pape. Les adventistes du septième jour pensent qu’il
désigne le pape parce que le total des lettres VICARIUS FILII DEI est 666. Mais l’argument est sans valeur car ce n’est pas un titre du pape. Aucun document de l’Eglise catholique ne porte cette
signature. Ce titre n’a jamais été donné au pape. En revanche, il est VICARIUS CHRISTI, ou PONTIFEX ROMANUS, mais ça ne fait pas 666. Il paraît d’ailleurs que le nom de la fondatrice des
Adventistes correspond à un total de 666…Nous ne dirions pas pour autant que c’est la bête de l’Apocalypse.
]]>fr2008-05-06T14:35:09Z
http://www.philoreligion.com/article-18412326.html
La justice veut que les malfaiteurs soient punis en recevant une peine proportionnée au méfait. Le pardon, au contraire,
suppose qu’on renonce à punir le coupable. Le pardon semble donc contraire à la justice. Comment résoudre cette difficulté ? Je crois qu’il y a dans la Bible, implicitement ou explicitement,
tout ce qu’il faut pour répondre à cette question :
1. « Ne jugez pas afin de n’être pas jugés, car du jugement dont vous jugez on vous jugera, et de la mesure dont vous mesurez on vous mesurera » (Mt 7, 1). C’est une conséquence de la
« règle d’or » : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas subir » (Tobie 4, 14). Cette règle est formulée de façon positive dans le Nouveau Testament :
« Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes » (Mt 7, 12). Dieu récompense ceux qui pardonnent comme Lui,
et il leur montre d’autant plus de miséricorde.
2. Cependant, s’il est juste de pardonner, ce n’est pas seulement parce que Dieu y invite les hommes, mais aussi parce que
chacun désire être pardonné. Il est donc juste de pardonner aux autres lorsqu’on veut soi-même être pardonné. Pourtant, lorsqu’un individu pardonne à un autre, et que celui-ci ne lui rend pas la
même mesure de pardon, il y a une injustice. Mais c’est l’injustice d’un état de choses, et non celle d’une action ou d’une attitude. Son attitude est juste, mais
l’absence de réciprocité entre lui et l’autre est injuste. Celui qui pardonne n’est pas la cause d’une injustice, car il a agi justement. C’est bien le donataire qui est responsable de l’injustice,
du moins s’il ne lui rend rien : ni pardon, ni gratitude, ou autre chose.
3. Ainsi, lorsqu’on parle de justice, il faut distinguer la justice d’un état de chose, la justice dans les actes extérieurs, et la justice dans les intentions ou attitudes intérieures. Par
exemple, il est juste de soutenir financièrement une bonne cause (par exemple, une association au service des pauvres), mais on peut le faire avec une intention injuste (attirer les louanges
d’autrui). L’orgueil est une forme d’injustice : est orgueilleux celui qui s’estime plus qu’il ne convient. « Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes, pour vous faire
remarquer d’eux ; sinon vous n’aurez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Quand donc tu fais l’aumône, ne va pas le claironner devant toi ; ainsi que font les
hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes (…). Pour toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite » (Mt 6,
1-3).
4. La charité est un amour juste. L’amitié et l’amour sentimental reposent sur des préférences qui n’ont pas de fondement objectif (leur fondement est plutôt subjectif). La charité, au contraire,
est un amour qui se règle selon les degrés de perfection métaphysique. Plus un être est parfait, plus il est digne d’être aimé ou estimé. D’où le commandement : « Tu aimeras ton prochain
comme toi-même ». Tous les êtres humains sont des personnes, c’est-à-dire des êtres doués de raison, de libre arbitre et de volonté. Ils ont la même dignité, qu’ils soient saints ou débauchés.
Il est donc rationnel et juste d’aimer son prochain comme soi-même. De même, il est juste d’aimer Dieu par-dessus tout puisqu’il est l’Etre le plus parfait. D’où le commandement « Tu aimeras
le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit ». La charité, dans la Bible se définit à partir de ces deux commandements. A l’analyse, nous voyons bien qu’elle
est liée à la justice…
]]>fr2008-04-03T16:49:35Z
http://www.philoreligion.com/article-17652065.html
fr2008-03-13T14:00:26Z
http://www.philoreligion.com/article-16862467.html
On le dit souvent, surtout depuis les années 90 : beaucoup
de chrétiens ne se satisfont pas de la liturgie romaine telle qu'elle est pratiquée actuellement dans la plupart des paroisses. Il y a un gouffre entre la réforme modérée proposée par le concile
Vatican II, et les habitudes prises dans la quasi totalité des paroisses et des mouvements d'Eglise.
En 2000, lorsqu'il était encore cardinal, Ratzinger a écrit un livre intitulé L'Esprit de la Liturgie, dans lequel il propose une réflexion de fond sur la signification des gestes, des
prières et des parties de la messe, dans le but de corriger les excès nés dans l'ambiance fébrile des années 70. Pendant les années, 90, les idées de Ratzinger se sont diffusées aux Etats-Unis et
ont suscité de nombreux débats, mais en France, elles sont moins connues malgré Sacramentum caritatis et le Motu proprio.
Il est assez amusant, d'ailleurs, de voir comme les journalistes s'emmêlent les pinceaux : ils opposent la messe Paul VI à la messe en latin, mais la messe Paul VI peut être dite en latin ! Ce
qui distingue la messe tridentine ( = d'avant le concile) de la messe Paul VI, ce n'est ni le latin, ni le grégorien, ni même le fait que le prêtre soit "dos au peuple", c'est-à-dire face à la
croix. Ce qui les distingue, c'est principalement leur structure. Par exemple, il n'y a plus de Benedictus dans la messe Paul VI, ni le Prologue de St Jean tout à la fin. En
revanche, elle contient une nouvelle prière : l'anamnèse.
Je me propose de résumer ici les propositions faites par Ratzinger et par beaucoup de catholiques qui ne sont ni lefevristes, ni traditionnalistes, mais simplement désireux que la liturgie
romaine soit belle et priante.
1°) Il faut célébrer la messe face à la croix (face à l'abside). Pourquoi ? Pendant la prière eucharistique, le prêtre ne s'adresse pas à l'assemblée, mais à Dieu. Il réitère le
sacrifice du Christ. C'est pourquoi il prie avec l'assemblée, et tous sont tournés vers la croix posée sur le maître autel. De plus, traditionnellement, les églises sont tournées vers l'est, le
soleil levant symbolisant le Christ ressuscité. D'un point de vue symbolique, il n'y a aucune raison de dire cette prière face à l'assemblée. J'ajoute qu'il est très difficile de prier, à ce
moment de la messe, en voyant le célébrant en face de soi. Ceux qui ont participé à de "vraies" messe Paul VI ont pu apprécier la différence. A St Pierre de Rome, le célébrant est face à
l'assemblée, mais pour une raison accidentelle : le tombeau de St Pierre, sur lequel a été édifiée la basilique, est à l'ouest de Rome. Pour que l'entrée de la basilique soit du côté de la ville,
il fallait donc que l'abside soit tournée vers l'ouest, et comme la tradition veut que le célébrant se tourne vers l'est, il se trouve ainsi face à l'assemblée.
Après le concile, on a pris l'habitude de célébrer face à l'assemblée, mais souvent pour se rapprocher des protestants. C'est oublier que la liturgie fonctionne tout autrement chez eux, et
consiste essentiellement en une liturgie de la parole (centrée sur la Bible et la prédication).
2°) Il n'est pas nécessaire cependant d'éliminer tous les autels qui ont été rajoutés dans le choeur après le concile. D'après Ratzinger, là où l'autel est trop loin de
l'assemblée, il vaut mieux célébrer la messe sur le nouvel autel. Symboliquement, c'est meilleur, car il se situe plus près du centre de l'église. Ceci est donc à déterminer au cas par cas, et
Benoît XVI a décidé récemment d'enlever le nouvel autel de la chapelle sixtine pour des raisons à la fois artistiques et liturgiques (il est vrai que dans une chapelle, on n'est jamais très loin
de l'assemblée).
3°) Il faut accorder une place beaucoup plus grande au chant grégorien, à la fois pour avoir un répertoire commun (fort utile dans toutes les cérémonies internationales,
désormais fréquentes), et en raison de la qualité exceptionnelle du chant grégorien aux points de vue musical, poétique, et liturgique. Les mélomanes et les "lettrés" sont d'accord...
4°) Il faut prier d'avantage avec son corps, non en dansant autour de l'autel, mais en utilisant les gestes traditionnels de la liturgie, dont la signification est claire et
objective : on s'incline profondément en se frappant la poitrine au moment du "je confesse à Dieu" (sur les mots "oui, j'ai vraiment péché") ; on reste à genoux en signe d'adoration
entre le sanctus et la fin de la doxologie ; on s'incline profondément (éventuellement en s'agenouillant) et en se frappant la poitrine sur les mots "Seigneur, je ne suis pas digne...), on
s'incline pendant le Credo sur les mots "et incarnatus est", etc.
5°) Il faut être capable de célébrer la messe (Paul VI) en latin, et recourir au latin lors des cérémonies internationales.
6°) La messe n'est pas un cours de catéchisme, c'est pourquoi il est inutile d'accompagner chaque geste liturgique d'un commentaire explicatif. Les
néophytes n'ont pas besoin de tout comprendre dès la première messe (c'est d'ailleurs impossible), mais plutôt de voir une vraie liturgie et d'être touchée par sa beauté.
7°) Ratzinger propose de réfléchir sur le moment opportun pour le geste de paix. Actuellement, nous passons sans transition des poignées de main chaleureuses à la contemplation
de l'Agneau immolé dans la prière de l'Agnus Dei, ce qui est assez étrange. Dans la liturgie zaïroise, le geste de paix a lieu à l'offertoire. Ratzinger se demande donc s'il ne faut pas déplacer
le geste de paix. Le débat est ouvert, et rien de précis n'est fixé pour l'instant.
Si vous voulez voir une "vraie" messe Paul VI, sachez que ça existe : par exemple, en Autriche, en Europe de l'est, à Kergonan (en particulier chez les soeurs, où la messe est célébrée face à la
croix).
Je connais un certain nombre de jeunes prêtres et de séminaristes qui rêvent de célébrer la messe dans le bon sens. Du côté des laïcs, surtout les jeunes, beaucoup en ont assez de voir une église
complexée et incapable d'offrir une liturgie vraiment belle. Les artistes et les intellectuels, les orthodoxes, les protestants, les traditionnalistes critiquent la "nullité esthétique"
(dixit un ami athée) de la liturgie catholique. On vante la beauté des rites orthodoxes. Qu'attendons-nous pour les imiter (mais à notre manière) dans l'attachement à la belle liturgie
?
Ci-contre, le père Alexandre Men, prêtre orthodoxe assassiné à coups de hache par les communistes le 9 septembre 1990]]>fr2008-02-20T18:29:29Z
http://www.philoreligion.com/article-16132786.html
fr2008-01-30T12:33:13Z
http://www.philoreligion.com/article-15959854.html
fr2008-01-30T12:31:47Z
http://www.philoreligion.com/article-14914445.html
Nous croyons que nous avons, dans certaines situations au moins, des possibilités alternatives. Par exemple, dans cinq minutes, je peux quitter cette pièce ou y rester pour flâner
sur internet. Pour renoncer à cette intuition très forte, qui est liée à notre conception de la responsabilité morale, il faut avoir une raison encore plus forte (je ne fais ici qu'appliquer le
principe de crédulité). Quels sont donc les arguments en faveur du déterminisme ?
Il y a deux types d'arguments en faveur du déterminisme : les arguments métaphysiques ou purement conceptuels, et d'autre part les arguments qui invoquent des connaissances scientifiques.
Commençons par ce que dit la science. En réalité, elle ne milite pas nécessairement en faveur du déterminisme. La physique quantique admet l'existence de processus physiques indéterminés. Or
certains neurobiologistes, comme Margenau, Beck, et Sir John Eccles, prix Nobel de médecine, admettent l'existence de processus physiques indéterminés à l'intérieur du cerveau. La dernière
théorie de Eccles est particulièrement intéressante pour un philosophe, car elle est tout à fait compatible avec nos intuitions sur le libre arbitre et la responsabilité morale.
Eccles pense que nous contrôlons notre corps et notre cerveau à partir des synapses. Il y a en effet, au niveau des synapses, un processus physique indéterminé, d'une probabilité variable et
parfois très faible : l'exocytose. L'exocytose est la libération de substances chimiques permettant la transmission des messages nerveux au niveau des synapses.
Cette petite indétermination est amplifiée et peut produire des effets visibles au niveau macroscopique.
Certains scientifiques actuels poursuivent des recherches dans le sens de cette théorie.
Bien sûr, ce n'est pas la seule théorie sur le cerveau, la liberté et les actions intentionnelles, mais son existence et sa crédibilité suffisent pour montrer qu'on ne peut pas s'appuyer sur
l'autorité de la science pour justifier le déterminisme. Par conséquent, Ted Honderich et les autres philosophes qui prétendent s'appuyer sur la science pour justifier une philosophie purement
déterministe procèdent selon une démarche qui n'est pas du tout correcte.
]]>fr2007-12-24T12:10:07Z
http://www.philoreligion.com/article-14211057.html
Actuellement, le débat sur le libre arbitre, le déterminisme et la responsabilité morale oppose deux thèses principales : le compatibilisme et l'incompatibilisme.
Compatibilisme : thèse selon laquelle le déterminisme est compatible avec la liberté humaine et/ou avec la responsabilité morale (cf. Van Inwagen, An Essay on Free
Will).
Incompatibilisme : thèse selon laquelle le déterminisme est incompatible avec la liberté humaine ou en tout cas, avec la responsabilité morale (cf. J-M. Fischer, The
Metaphysics of Free Will).
Déterminisme : thèse selon laquelle tout événement est une conséquence nécessaire des lois de la nature et du passé actuel. Soient P l'ensemble des faits du passé actuel,
L l'ensemble des lois de la nature, et F l'ensemble des événements présents ou futurs. Pour un déterministe, (P et L) implique F.
Arguments incompatibilistes :
1. On suppose habituellement que si un individu agit sans avoir la possibilité d'agir autrement, il n'est pas moralement responsable de son action.
2. On suppose habituellement que si un individu est empêché d'agir mieux par une cause externe, il n'est pas responsable de son action. De même s'il en est empêché par une cause interne (par
exemple, un parasite installé dans son cerveau, et qui l'empêche d'agir de façon plus rationnelle, ou une cause quelconque). De même s'il en est empêché par l'absence d'un moyen ou d'un organe
(par exemple, il ne peut pas secourir quelqu'un assez vite faute de moyen de déplacement, ou il ne peut pas le faire faute de jambes).
3. Nous croyons tous que nous avons des possibilités alternatives. Par exemple, dans 5 mn, je peux rester ici ou m'en aller. Et je crois que ces possibilités sont en mon pouvoir. Le déterminisme
contredit cette intuition très forte.
4. Si le déterminisme est vrai, alors les promesses, les contrats, les conseils, les exhortations, les interdictions, les menaces, les encouragements, etc., semblent perdre leur sens. les
compatibilistes essayent de montrer que même en étant déterministe, on peut donner un sens à ces pratiques. Cependant, il apparaît clairement que ce sens est contre-intuitif (il n'est pas celui
que nous donnons habituellement à ces pratiques).
En vertu du principe de crédulité, on doit se fier aux intuitions les plus fortes. Pour renoncer à une intuition (renoncer à croire que les choses sont comme elles semblent être), il faut avoir
une bonne raison de le faire (il faut y être obligé par une intuition contraire et plus forte). Donc pour renoncer à ces quatre intuitions incompatibilistes, il faut avoir une raison impérieuse
de la faire. En l'absence d'une telle raison, on doit reconnaître que le libre arbitre et la responsabilité morale sont incompatibles avec le déterminisme.
]]>fr2007-11-29T13:30:06Z
http://www.philoreligion.com/article-13592413.html
Depuis Vatican II, tous les textes officiels sur la musique liturgique demandent qu'on accorde au grégorien la première place dans le répertoire liturgique (voir Sacrosanctum
Concilium, Sacramentum Caritatis, de 2007, et l'Introduction au nouveau missel romain, de 2002).
Il y a des paroisses où le chant grégorien est progressivement abandonné ; il y en a d'autres où on réapprend à le chanter. Les catholiques français n'arrivent pas à se mettre d'accord sur la place
qui revient au grégorien dans la liturgie. Plusieurs fois, j'ai vu des vieux prêtres me dire (à moi, un jeune !) que le grégorien était bon pour les vieux et que les jeunes
n'en voulaient pas. Pour ma part, il faudrait me faire subir un lavage de cerveau pour me faire croire que le grégorien n'est pas la meilleure musique liturgique qu'on puisse trouver chez les
catholiques. J'ai commencé à étudier la musique à l'âge de six ans. Ensuite, j'ai appris le piano et l'orgue. En tant qu'organiste, j'ai l'expérience de l'accompagnement liturgique.
Enfin - ce qui est le plus important - je connais la plupart des chefs-d'oeuvre de la musique sacrée depuis le début du XIIIè siècle, de Pérotin le Grand à Jean-Louis Florentz, en passant
par Ockeghem, Josquin, Tallis, Byrd, Palestrina, Victoria, Monteverdi, Bach, etc., et au XXè siècle, Caplet, Jolivet, Poulenc, Rachmaninov, Bloch, Zemlinsky, Martin, Messiaen, Duruflé.
Pour savoir ce que vaut le grégorien, le plus important est sûrement de savoir le goûter, ce qu'on ne saurait faire sans une bonne culture musicale. Tous les mélomanes, musicologues, et musiciens
cultivés disent que le grégorien est d'une valeur artistique et liturgique exceptionnelle. Les athées nous reprochent de ne pas le chanter ; les orthodoxes aussi ; les traditionnalistes aussi.
Alors qu'attendons-nous pour lui donner la place qu'il mérite ?
L'argument linguistique : "C'est du latin"
Cet argument n'est pas recevable, car nous chantons très souvent des ordinaires non grégoriens en latin, comme les messes de San Lorenzo, de St Paul, de St Boniface, etc. Nous voyons bien que le
fait de les chanter en latin ne nous pose pas de problème.
Deuxièmement, la messe n'est pas une conférence ou un cours de catéchisme. Il n'est pas nécessaire de comprendre chaque mot de la messe pour la suivre.
Troisèmement, on peut aller à la messe avec un missel (si elle est tout en latin) ou avoir des carnets de chants où il y a la traduction française à côté des paroles en latin.
L'argument musical : "C'est trop compliqué, et les gens sont incapables de chanter ça"
Là encore, l'expérience prouve le contraire : il y a de nombreuses paroisses, en ville ou en campagne, où les fidèles chantent le grégorien sans que cela pose aucun problème.
Deuxièmement, il faut distinguer les pièces chantées par l'assemblée (hymnes et ordinaires), et celles qui sont destinées au choeur ou à un soliste (graduels, offertoires, communions,
voire introïts). L'assemblée est tout à fait capable de chanter quatre ou cinq ordinaires grégoriens, ainsi que les hymnes les plus connues : Veni Creator, Tantum ergo, Ubi caritas, etc.
L'argument puriste : "Oui, mais les gens ne chanteront pas bien le grégorien"
A mon avis, l'expérience prouve qu'ils ne chantent pas mieux les chants charismatiques aux rythmes syncopés, ni les chants dans le style oriental (orthodoxe - cf. Gouze, Chevetogne, etc.). Ils
se trompent dans le rythme des chants charismatiques, et les prennent trop lentement. Quant aux chants de style oriental, on ne les chante presque jamais à plusieurs voix. A une seule voix, la
plupart de ces chants sont pourtant insipides. Et quand on les prend à plusieurs voix, il faut chanter juste, ce qui est difficile. L'assemblée est incapable de faire cela.
Deuxièmement, il vaut mieux un beau chant mal chanté qu'un chant médiocre mal chanté.
Personnellement, quand j'ai l'occasion (trop rare) d'entendre un credo ou un ordinaire grégorien, le fait qu'il soit mal chanté ne m'empêche pas d'être transporté par la beauté de sa
mélodie.
La peur de l'opinion
Les sociologues et les philosophes disent que dans une culture démocratique, beaucoup de comportements s'expliquent par la peur de l'opinion. Cette loi se vérifie dans le domaine de la
liturgie, où est obsédé par le souci de plaire aux fidèles.
On ne voit pas assez que depuis une quarantaine d'années, la nullité esthétique de nos liturgies a largement contribué à vider nos églises. Demandons aux fidèles d'une
paroisse s'il faut chanter du grégorien. La plupart répondront peut-être qu'il faut abandonner les vieilles traditions.
Revenons pourtant au grégorien, progressivement et sans exclure les chants en français : nous verrons les fidèles découvrir la beauté du grégorien, et ils ne diront plus qu'il
faut le remplacer par autre chose.
Il ne faut pas se demander ce que les gens pensent du grégorien, car ils ne connaissent pas ce répertoire. Il faut se demander ce qu'ils en penseraient s'ils le connaissaient vraiment.
Les jugements sur les chants liturgiques sont trop souvent fondés sur des vieux souvenirs totalement subjectifs et surchargés affectivement. Un tel dira que le grégorien n'est chanté que dans
des paroisses de vieux, parce qu'il a vu une paroisse de ce genre, tel autre pensera au contraire à une paroisse jeune et dynamique où on le chantait. Un tel a vécu avant le concile, tel autre
comme moi est né à la fin des années 70, ou au début des années 80.
Le répertoire d'une paroisse ne doit pas être conçu pour attirer telle ou telle classe d'âge (les enfants, les jeunes, les étudiants, etc.) au détriment des autres. Il doit être
objectivement beau pour convenir à tout le monde. Rien n'est moins fiable que le jugement esthétique d'un adolescent. Il faut le valoriser en lui donnant des responsabilités, mais il ne faut
jamais lui donner carte blanche. Il faut toujours lui donner en même temps des indications, voire une formation appropriée à son service. Ceci est une remarque de bon sens.
]]>fr2007-11-06T11:31:38Z
http://www.philoreligion.com/article-12799007.html
fr2007-10-04T13:39:16Z