Lundi 23 avril 2007
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Dès les origines de la philosophie, les philosophes se sont fait une certaine idée de la perfection ou de la divinité. Par exemple, pour les Grecs anciens,
la perfection implique l’immutabilité et l’éternité ; être parfait, c’est être indépendant, impassible, immuable, éternel. En effet, rien ne peut détruire ni influencer un être parfait. De
plus, il n’a pas besoin de se mouvoir, car rien ne lui manque.
Petit à petit, cette conception de la
perfection métaphysique a été plus ou moins reprise et corrigée par les philosophes chrétiens.
1. Dieu = Etre absolument indépendant, donc illimité, tout-puissant, et absolument
libre.
↓
2. Dieu = Etre éternel et nécessaire (i.e. qui ne peut pas ne pas être) car rien ne
peut le détruire, le limiter ou l’influencer. Or on ne pense pas que Dieu puisse se suicider.
↓
3. Dieu = Etre immuable, car rien ne peut le transformer en agissant sur lui,
etc.
Question : comment montrer que Dieu est une personne ?
· Si Dieu n’était pas une personne, il lui manquerait des perfections importantes : l’intelligence, la
raison, la liberté, la volonté.
· Dieu est tout-puissant, donc il a toutes les puissances ou facultés (sinon, certaines choses lui seraient
impossibles). Toute faculté est une forme d’indépendance ; et Dieu est absolument indépendant. Une incapacité est toujours due à une cause interne ou externe (obstacle, défaut, maladie,
imperfection, etc.). Si un être n'est pas incapable de faire une chose, il est capable de la faire. Dieu ne dépend d'aucune cause. Il a donc toutes les facultés, y compris celles de penser,
de connaître, de vouloir, et d’aimer. Comme Dieu est parfait, on lui attribue ces facultés sous une forme parfaite : il a une intelligence parfaite, une volonté parfaite, etc. Finalement, on
aboutit à l’idée d’un Dieu bon (car sa volonté est parfaite), et omniscient.
Les limites logiques de la toute-puissance
Ce point est de la première importance : Dieu est au-dessus des lois de la nature, mais il ne peut pas faire ce qui est logiquement impossible.
Par exemple, il serait contradictoire qu’un Etre absolument bon fasse le mal. Donc Dieu ne peut pas faire le mal. Mais si cela est impossible, ce n’est pas à cause d’une forme d’impuissance ou
d’imperfection ; au contraire, c’est précisément parce qu’il est parfait et tout-puissant qu’Il ne peut pas faire le mal. Il faut donc distinguer l’impuissance, ou incapacité, de la simple
impossibilité. La toute-puissance implique une impossibilité qui n’est pas de l’impuissance. Ce principe est généralement admis, depuis St Thomas, par les métaphysiciens chrétiens. On le
trouve chez Duns Scot, Leibniz, et Swinburne, pour ne citer que quelques noms.
Il n'y a ici aucune incohérence, car l'impossibilité logique qui fait que Dieu ne peut pas faire le mal n'a rien à voir avec une limite imposée
par une cause ou par un obstacle.