Lundi 16 avril 2007
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(sur la photo : le mathématicien Kurt Gödel, qui a formulé une version de la preuve ontologique, version qui fut trouvée dans ses notes, après sa mort, et publiée en 1987)
Dans mon article sur la preuve modale de l’existence de Dieu, j’ai présenté un argument qui me paraît toujours correct, mais qui peut être simplifié. En effet, contrairement à ce que j’ai dit, il n’est pas nécessaire de résoudre le problème du mal pour que cet argument soit valable. Reprenons :
(1) Par définition, l’Etre nécessaire, s’il existe, existe dans tous les mondes possibles, y compris le monde actuel.
(2) Donc cet être ne peut pas exister dans certains mondes possibles seulement. Si c’était le cas, il serait contingent, donc il ne serait pas nécessaire. Donc soit l’existence de cet être est nécessaire, soit elle est impossible (autrement dit, il n’existe dans aucun monde possible).
(3) Or l’existence de cet être n’est pas impossible.
(4) Donc il existe dans tous les mondes possibles, y compris le monde actuel.
La proposition 3 est celle qu’il faut examiner. La charge de la preuve revient à ceux qui soutiennent que Dieu n’existe pas ; en effet, d’après cet argument, l’Etre nécessaire existe, à moins qu’on démontre que cette idée renferme une contradiction. Si la proposition « Il y a un être nécessaire » est contradictoire, alors l’être nécessaire n’existe pas. Dans le cas contraire, il faut conclure qu’il existe.
L’existence d’être imparfaits, souffrants, méchants, etc. ne constitue pas une objection contre cet argument, car l’impossibilité que l’athée doit prouver est une impossibilité logique, c’est-à-dire interne à la proposition « l’être nécessaire existe ». Il doit donc prouver que le concept d’être nécessaire est contradictoire.
A première vue, rien n’indique qu’il le soit. Il n’en est pas de même que dans la proposition « il y a des sphères cubiques ». En effet, la notion d’être, en elle-même est indéterminée (elle ne se définit pas aucune propriété particulière, contrairement à la notion de sphère). De plus, le fait d’être nécessaire n’est pas une limitation ; au contraire.
Il y a pourtant deux arguments utilisés par des athées pour montrer que la notion d’être nécessaire est contradictoire, mais nous allons voir, dans le prochain article, qu’aucun des deux n’est valable.