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Ce site, rédigé par un jeune enseignant en philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 08:37

Newman invente cette expression pour désigner une faculté intellectuelle : celle qui permet à tout être humain de s’orienter dans la vie pratique. Lorsque nous prenons une décision, lorsque nous acceptons ou rejetons une croyance, nous le faisons généralement sans appliquer des critères de rationalité consciemment et explicitemment. Si nos choix sont pourtant justes, c’est que nous faisons preuve de jugement, ou de ce qu’Aristote nommait la phronèsis (la prudence). Pour expliquer cette idée de Newman, comparons le sens illatif avec le sens esthétique : en matière de musique, le jugement d’un mélomane a plus de valeur que celui d’une personne qui s’intéresse peu à la musique. Pourtant, l’expert, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, n’est pas celui qui sait bien calculer pour arriver à la conclusion. Il porte un bon jugement sans avoir appliqué de critères explicites (de qualité musicale, par exemple). Mais comment arrive-t-il à la bonne conclusion ? Il y arrive grâce à une longue habitude de la musique et grâce à une certaine "prudence".

Le jugement esthétique suppose une activité de l’intelligence, mais sans critères explicites. Assurément, il peut être justifié, au moins en partie, mais la justification vient généralement après coup. Il en est de même pour les croyances qui déterminent nos choix de vie. Elles sont le résultat d’une rationalité implicite, diffuse.

Newman défend ainsi la liberté de conscience et la "foi des simples" : le meilleur guide n’est pas tel ou tel critère de rationalité. Face à l’imperfection des preuves disponibles aussi bien en faveur de la religion qu’en faveur  de l’athéisme, les critères de rationalité doivent être affinés, assouplis, rectifiés. Finalement, ils deviennent si complexes et si peu maniables que l’honnêteté intellectuelle reste le meilleur guide en matière de croyances. Personne n’est tenu de pouvoir justifier sur le champ toutes ses croyances. Une telle exigence est disproportionnée et manifeste un manque total de réalisme. Chacun doit rester libre de suivre sa conscience, même s’il manque d’arguments pour se justifier. Autrement, la rationalité est un idéal inaccessible : au mieux, elle appartient à une petite élite de savant (et encore...).

 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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