Mardi 9 janvier 2007
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C’est la question qui nous reste à traiter. Nous avons déjà vu pourquoi il était nécessaire que le mal moral devînt possible : Dieu ne pouvait pas créer des êtres libres tout en les empêchant de choisir le mal.
Mais considérons maintenant une autre forme du mal : la souffrance. D’après St Thomas d’Aquin, tout être est bon en tant qu’être. C'est pourquoi Dieu, par bonté, a crée des êtres aussi variés que possible. Si l’on retient ce principe, on peut comprendre pourquoi il était nécessaire que le mal physique devînt possible. En effet, la sensation est un mode de connaissance inférieur à la connaissance conceptuelle, parce qu’elle ne permet pas, à elle seule, de savoir ce qui est bon objectivement. Néanmoins, elle permet d’appréhender ce qui est bon ou mauvais subjectivement, c’est-à-dire pour le sujet qui perçoit. Par exemple, le chien, au moyen de son odorat, peut distinguer ce qui est bon ou mauvais pour lui. Evidemment, cette connaissance lui est fort utile. Or elle implique la possibilité de sensations désagréables. Il en est de même avec les autres sens. Bref, Dieu ne pouvait pas créer des êtres capables d’une connaissance subjective et infraconceptuelle du bien sans les rendre en même temps susceptibles de souffrir dans certaines situations.
Peut-on reprocher à Dieu de ne pas réparer ce mal dès ici-bas, en supprimant ou en atténuant les souffrances trop aiguës ? Si Dieu faisait cela, il montrerait sa puissance d’une façon beaucoup trop manifeste. Personne ne pourrait nier son existence et tout le monde serait obligé de se plier à sa volonté. Puisque Dieu respecte la liberté de l’homme, il ne peut pas multiplier à ce point les miracles. La possibilité du mal physique demeure donc nécessaire en raison d’un bien supérieur.
Par Héron mélomane
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Publié dans : L'existence de Dieu
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