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Ce site, rédigé par un jeune enseignant en philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Samedi 6 janvier 2007 6 06 /01 /Jan /2007 14:04

 

 

 

 

Le mal se divise en trois espèces :

1. Le mal métaphysique, c'est-à-dire l'imperfection (donc les limites d'un être, ses incapacités, ou bien encore les malformations).

2. Le mal physique, ou plus généralement la souffrance (qui peut être psychique).

3. Le mal moral, c'est-à-dire la faute, la mauvaise volonté, ou les actions mauvaises accomplies volontairement.

La cause du mal

  • Le mal est connu comme tel parce qu’il est ressenti, c’est-à-dire parce qu’il provoque des souffrances. La souffrance physique vient de nos sens et de ce qui affecte nos sens. Par exemple, si j’ai mal en me brûlant, c’est parce que j’ai la capacité de sentir la chaleur et que je touche quelque chose de brûlant. Cette capacité de ressentir le froid et le chaud est utile pour vivre. Elle est donc bonne en elle-même. Ce qui est mauvais, ce n’est donc pas la capacité d’avoir des sensations désagréables, mais ce qui cause ces sensations. D’où vient donc la souffrance ?

Les deux causes de la souffrance

  • La souffrance peut venir de causes naturelles, par exemple une maladie, ou bien encore une catastrophe naturelle (cyclone, raz-de-marée, tremblement de terre).  
  • La souffrance peut venir de la méchanceté. Par exemple, on souffre quand on se sent trahi, quand on est trompé, haï, oublié injustement, rejeté, agressé, brutalisé. La faute ou la mauvaise volonté est une des causes de la souffrance. Nous y reviendrons un peu plus loin.

 

Les biens sont souvent inséparables des maux

  • Les catastrophes naturelles sont les conséquences de phénomènes qui ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Les tremblements de terre sont la conséquence des mouvements de magma dans les profondeurs de la Terre. Les vents violents sont liés à l’existence d’une atmosphère sans laquelle nous ne pourrions pas vivre. Ainsi, certains phénomènes permettent de bonnes choses tout en produisant aussi de mauvaises choses. Dans ce cas, il faut se demander si le bien obtenu est supérieur au mal causé (par exemple, l’existence d’êtres vivants est un bien qui suppose des maux de moindre importance : des catastrophes naturelles, des maladies, des morts violentes infligées aux proies par leurs prédateurs).
  • Le mal moral est lié à la liberté. Un être libre a la capacité de choisir le mal. Il est bon qu’il y ait des êtres libres, et ces êtres ont une valeur particulière. Mais leur existence implique la possibilité du mal (non l’existence du mal, mais sa possibilité). En effet, Dieu ne pouvait pas créer des êtres libres tout en les empêchant de choisir le mal. Dieu n’a pas créé le mal, mais la possibilité du mal, si l’on peut dire. Il a créé des êtres capables de faire le mal, mais aussi de faire le bien et d’éviter le mal.

     

Si Dieu est tout-puissant, pourquoi n’a-t-il pu faire autrement ?

  • Dieu est au-dessus des forces de la nature, mais il ne peut pas faire ce qui est logiquement impossible. Par exemple, il ne peut pas faire que 0 + 0 = 10, ou que les cercles soient carrés. Il ne peut pas non plus créer des êtres à la fois libres et non-libres. La toute puissance est la capacité de faire tout ce qui n’est pas logiquement impossible. Par exemple, les miracles sont physiquement impossibles, mais ne sont pas logiquement impossibles (c’est-à-dire impossibles en vertu des lois logiques).
  • Nous ne savons pas s’il était logiquement possible de créer des êtres vivants et des hommes sans créer des phénomènes pouvant entraîner des risques pour l'homme. Donc nous ne pouvons pas dire que l’existence du mal prouve la non-existence de Dieu. D'ailleurs, il était logiquement impossible de créer des êtres libres tout en les empêchant de faire le mal.

 

La réparation des maux

« Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » (St Irénée). En voulant créer des êtres semblables à lui, parfaits et bienheureux, Dieu a créé des êtres qui peuvent se gêner mutuellement et commettre mal. Mais, d’après la théologie chrétienne, ce mal est provisoire. La souffrance a une fin. C’est ce qu’affirme Jésus dans les Béatitudes : Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 5-10).

 

 

 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : L'existence de Dieu
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