Mardi 2 janvier 2007
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Cet argument rappelle la preuve ontologique de St Anselme. C'est en effet un argument qui procède a priori, à partir de la définition même de Dieu. Pourtant, il s'en distingue nettement. Il vient en partie de Plantinga, qui s’inscrit lui-même dans une tradition remontant à Leibniz et à Duns Scot. C'est un argument "modal" parce qu'il repose sur la définition des modalités : la nécessité, la possibilité et la contingence.
1. Si l’Etre nécessaire existe, alors il existe nécessairement et il est impossible qu’il n’existe pas.
2. Par conséquent, soit l’Etre nécessaire est impossible, soit son existence est nécessaire, mais il n’y a pas de milieu entre ces deux hypothèses.
3. Donc si cet Etre n’existe pas dans le monde actuel, c’est que son existence est impossible.
4. Or l’existence de l’Etre nécessaire n’est pas impossible.
5. Donc il existe un Etre nécessaire.
Cet argument permet de retourner le problème de l’existence de Dieu. Habituellement, on pense que la charge de la preuve revient à ceux qui croient que Dieu existe. En fait, c’est l’inverse : elle revient aux athées ; ils doivent prouver l’impossibilité de l’existence de Dieu, car si elle n’est pas impossible, elle est réelle et nécessaire. Il faut donc qu’ils trouvent une contradiction dans la notion même d’un être nécessaire. Or il y a peu de notions aussi simples qui soient intrinsèquement contradictoires. Un cube sphérique, par exemple, est impossible, mais en quoi la notion de nécessité pourrait-elle s’opposer à la notion d’existence ?
Les athées peuvent choisir une autre voie : pour que Dieu n’existe pas, il suffit qu’il existe un être incompatible avec son existence. Or ce qui paraît tel, c’est le mal, car si le monde est mal fait, comment pourrait-il exister un créateur bon, intelligent, et tout-puissant ? Nous allons voir que l’existence du mal n’exclut pas l’existence de Dieu. Ainsi, l’existence de l’Etre nécessaire est possible. Il en découle que Dieu existe.