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philoreligion.com

Ce site, rédigé par un jeune enseignant en philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Samedi 16 décembre 2006 6 16 /12 /Déc /2006 12:57

 

 

Les philosophes ont proposé plusieurs arguments pour prouver l’existence de Dieu. Chaque argument a une histoire. Je m’attacherai uniquement, ici, à l’argument cosmologique, apparemment très apprécié aujourd’hui. Il a été présenté sous différentes formes. En voici quelques-unes.

 

Au début des Principes mathématiques de la philosophie naturelle, livre fondateur de la physique moderne où sont exposées les lois de la gravitation universelle, Isaac Newton déclare que sa théorie prouve l’existence d’un Créateur intelligent : « Tous ces mouvements réguliers n’ont pas pour origine des causes mécaniques. Cet arrangement aussi extraordinaire du soleil, des planètes et des comètes n’a pu avoir pour source que le dessein et la seigneurie d’un Être intelligent et puissant ».

 

 

Gottlob Leibniz (1646-1716), grand physicien lui aussi, propose une version intéressante du même argument :

 

 « la raison suffisante de l'existence des choses ne saurait être trouvée ni dans aucune des choses singulières, ni dans tout l'agrégat ou la série des choses. Posons que le livre des éléments de la géométrie ait existé de tout temps et que les exemplaires en aient toujours été copiés l'un sur l'autre ; il est évident, bien qu'on puisse expliquer l'exemplaire présent par l'exemplaire antérieur sur lequel il a été copié, qu'on n'arrivera jamais, en remontant en arrière à autant de livres qu'on voudra, à la raison complète de l'existence de ce livre, puisqu'on pourra toujours se demander, pourquoi de tels livres ont existé de tout temps, c'est-à-dire pourquoi il y a eu des livres et pourquoi des livres ainsi rédigés. Ce qui est vrai des livres, est aussi vrai des différents états du monde, dont le suivant est en quelque sorte copié sur le précédent, bien que selon certaines lois de changement. Aussi loin qu'on remonte en arrière à des états antérieurs, on ne trouvera jamais dans ces états la raison complète, pour laquelle il existe un monde et qui est tel.

On a donc beau se figurer le monde comme éternel, puisqu'on ne suppose cependant rien que des états successifs, qu'on ne trouvera dans aucun de ces états sa raison suffisante, et qu'on ne se rapproche nullement de l'explication en multipliant à volonté le nombre de ces états, il est évident que la raison doit être cherchée ailleurs » (De l’Origine radicale des choses).

 

La science explique chaque phénomène en le ramenant à une ou plusieurs lois de la nature. Autrement dit, elle explique chaque régularité en la ramenant à une autre régularité. Seules les régularités nécessitent une explication. Ce qui n’est pas régulier peut être dû au hasard, mais on suppose, inversement, que la régularité d’un phénomène a toujours une cause. Imaginons que je lance dix dés à six faces. Si le résultat du jet est irrégulier, ce résultat ne me surprend pas. A l’inverse, si j’obtiens dix fois le même chiffre dès le premier jet, et si au bout d’une vingtaine de jets, je n’arrive toujours pas à obtenir un autre chiffre, il y a là de quoi s’étonner. C’est en face d’une régularité qu’on se demande pourquoi il en est ainsi et non autrement. Il en est de même dans les sciences de la nature. Par exemple, le mouvement des planètes se faisant toujours selon certaines lois, énoncées par Kepler, il était naturel que Newton cherchât la cause de cette régularité, ce qui l’amena à découvrir la gravitation universelle. Mais ce faisant, Newton expliqua une régularité par une autre régularité, plus générale sans doute, mais tout aussi mystérieuse. En fait, l’explication scientifique remonte à des lois toujours plus générales, et donc à des régularités toujours plus universelles et de moins en moins explicables par le hasard. Albert Einstein, comme Leibniz, était parfaitement conscient de cette limite de la physique. Voici ce qu’il en dit dans une lettre à Maurice Solovine du 30 mars 1952 : « Vous trouvez curieux que je considère la compréhensibilité du monde comme un miracle ou comme un éternel mystère. Eh bien, a priori, on devrait s’attendre à un monde chaotique, qui ne peut en aucune façon être saisi par la pensée (…). Si les axiomes de la théorie [de Newton] sont posés par l’homme, le succès d’une telle entreprise suppose un ordre du monde objectif d’un haut degré d’intelligibilité, qu’on n’était, a priori, nullement autorisé à attendre. C’est cela le miracle, qui se fortifie de plus en plus avec le développement de nos connaissances. C’est ici que se trouve le point faible des positivistes et des athées professionnels, qui se sentent heureux parce qu’ils ont la conscience, non seulement d’avoir avec plein succès privé le monde des dieux, mais aussi de l’avoir dépouillé des miracles ». Pourtant, dans la suite de cette lettre, Einstein refuse d’en tirer la conclusion que Dieu existe. Sa position est-elle cohérente ? Quand il est impossible d’expliquer un phénomène par une cause naturelle, et qu’il est en même temps nécessaire d’expliquer ce phénomène, la seule solution envisageable est de lui donner une explication surnaturelle. Il est donc logique d’admettre que les lois de la nature viennent d’un Créateur intelligent, c’est-à-dire d’une cause surnaturelle qui, parce qu’elle est intelligente, est capable de créer de l’ordre.

D’ailleurs, l’existence d’un Créateur intelligent explique bien l’existence des régularités naturelles, car si ce Dieu veut créer des êtres intelligents à son image, comme l’enseigne la religion chrétienne, il est utile que les phénomènes de la nature soient réguliers et prévisibles. Sans cela, l’homme ne pourrait y survivre.

 

 

J. C. Maxwell (1831-1879) Physicien et mathématicien anglais.

 

Il part de la régularité extrême existant dans les propriétés des molécules. Les molécules d’une même sorte ont des propriétés absolument identiques. Or, contrairement aux êtres vivants, les molécules ne se reproduisent pas en transmettant leur propriétés à d’autres molécules. Mais alors, pourquoi possèdent-elles les mêmes propriétés ? La physique ne peut expliquer ce fait. Seule l’existence d’un Créateur intelligent semble en fournir l’explication : « La science est arrêtée quand elle s’assure, d’une part, que la molécule a été faite, et d’autre part, qu’elle n’a été faite par aucun des processus que nous appelons naturels ».

 

 

         L’existence de Dieu et les règles de l’inférence à la meilleure explication

 

Nous prendrons le mot « coïncidence » au sens étymologique : deux événements sont co-incidents quand ils se produisent ensemble. Quand il se produit une petite coïncidence, nous pouvons croire qu’elle est due au hasard ; cela ne signifie pas qu’elle découle d’un processus indéterminé, mais que la coïncidence n’a pas été voulue et qu’elle peut résulter de plusieurs chaînes causales sans origine commune. Par exemple, si plusieurs fois de suite, je vois la pluie commencer à tomber au moment où je sors de chez moi, je ne peux pas en conclure qu’il y a un dieu ou un esprit décidé à me nuire.

 

En revanche, si la coïncidence se répète à chaque fois, il est naturel de penser que tous les événements de la série sont dus à une même cause (qu’il s’agisse d’un dieu, d’un sorcier, ou d’un processus naturel).

 

Il faut donc poser le principe

 

(PS) (principe de simplicité) Une grande coïncidence, si elle suppose la rencontre d’une multitude de causes ou de conditions, est extrêmement improbable. Il faut donc croire qu’elle est due indirectement à une même cause.

 

Mais il faut aussi tenir compte du principe

 

(PAP) (principe de l’augmentation de la probabilité) : Plus on mélange les éléments d’une configuration, plus on a de chances d’obtenir cette configuration. Par exemple, si on lance un dé à six faces, on a peu de chances d’obtenir un six. Mais si on lance dix dés à six faces, on a plus de chances d’y arriver.

 

De même, un athée peut soutenir que si la matière de l’univers se mélange depuis très longtemps, il est probable qu’un tel processus aboutisse à l’apparition des êtres vivants et de l’homme.

 

Un athée peut donc s’appuyer sur PAP pour rejeter PS. Il peut dire que vu le nombre de causes et d’événements passés dans l’histoire de l’univers, l’apparition de l’homme était une coïncidence assez probable, tout comme les petites coïncidences que nous attribuons au hasard. Seulement, cette idée a deux conséquences absurdes :

 

1°) Dans l’hypothèse athée, l’évolution de l’univers n’a jamais commencé ; le nombre de ses transformations passées est infini. En effet, on suppose que tout changement physique est la conséquence d’un changement physique. Il est donc clair que dans l’hypothèse athée, l’histoire du monde se constitue d’une infinité d’événements, de transformations, etc. En conséquence, tout événement physiquement possible doit être considéré comme probable. Bien plus : la probabilité de chaque événement physiquement possible tend vers 1 ; on en conclut que tout événement physiquement possible s’est déjà réalisé. Par exemple, un singe a tapé la critique de la raison pure sur un ordinateur (on peut même imaginer que quarante singes l’ont déjà fait).

 

Puisque cette conséquence est absurde, il faut rejeter l’idée selon laquelle le nombre d’événements passés est infini. Il faut donc admettre que le monde physique a commencé un jour, c’est-à-dire qu’il a été créé.

 

2°) Si on admet ce raisonnement, alors toute coïncidence peut être attribuée au hasard, ce qui est manifestement faux.

 

Prenons un exemple connu : les attentats du 11 septembre 2001. Au moment des attentats, on voit deux avions de ligne s’écraser contre les tours jumelles du World Trade Center. Or, on sait aussi que d’autres avions se dirigent vers la Maison Blanche et le Pentagone. On a déjà vu, à New York, à Tokyo ou ailleurs, des accidents pendant lesquels un avion de ligne s’est écrasé sur un gratte-ciel. Mais pendant les attentats du 11 septembre, on ne peut pas croire qu’il s’agit d’un accident d’avion, puis d’un deuxième accident, au moment où d’autres appareils du même type quittent leur trajectoire normale pour se diriger vers la Maison Blanche et vers le Pentagone. Il est irrationnel de préférer l’hypothèse de l’accident, même si on n’a jamais vu un attentat d’une telle ampleur. L’événement a donc une cause extraordinaire. L’hypothèse de l’accident a l’avantage de ramener l’effet à des causes plus ordinaires. Pourtant, l’hypothèse la plus rationnelle est bien celle du complot. L’événement peut être voulu, puisque les Etats-Unis ont de nombreux ennemis dans le monde. Il faut donc penser que tout cela vient indirectement d’une même cause : une cause intelligente qui est à l’origine des attentats.

 

L’argument cosmologique s’appuie sur le même principe : l’apparition de l’homme est un événement qui peut être voulu, car chaque être humain (et chaque personne) a une très grande valeur. Or cet événement requiert de multiples causes et conditions. La coïncidence est donc frappante. Il ne s’agit pas d’une petite coïncidence que l’on peut renoncer à expliquer. On ne peut pas l’attribuer au hasard ; il faut donc penser qu’elle provient indirectement d’une seule cause : un créateur intelligent.  

 

 

Conclusion

 

L’athéisme s’appuie sur PAP pour rejeter PS. Or cet argument n’est pas correct, car si on admet cette utilisation du principe PAP, alors :

 

1°) L’athéisme aboutit à une conséquence absurde : tout événement physiquement possible s’est déjà réalisé.

 

2°) Si tout événement physiquement possible est probable, toutes les coïncidences, même les plus frappantes, peuvent être expliquées par le hasard. Or il est évident que nous ne pouvons pas accepter cette idée, parce qu’elle sape les bases d’une grande partie de la connaissance humaine. La physique et les sciences de la nature appliquent ce principe. On l’applique aussi en histoire, dans les sciences humaines, dans les enquêtes policières, dans les procès, et dans une foule de situations où on ne peut pas s’en passer. Il serait donc incohérent d’y renoncer dans le débat sur l’origine du monde.

  

 

                                                                                    Héron mélomane

 

Par Héron mélomane - Publié dans : L'existence de Dieu
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Commentaires

Cher Héron,

En réponse à tes propos, je te conseille particulièrement la lecture de mon article du 21 avril 2007 : Ce que peut la raison.

Bien cordialement,

Miky

Commentaire n°1 posté par Miky le 06/05/2007 à 00h16

Je suis tombé sur ce blog que je trouve très intéressant !

Les thèmes abordés dans ce blog recouvrent mes préoccupations de  recherche d'approfondissement de la vérité.

Je tente toujours de démêler la part de vérité qu'il existe parmi tous les concepts présentés à notre conscience.

La Science nous propose ces "Belles Théories" et quasi certitudes... c'est un peu la Nouvelle Religion du XXI siècle et s'autoriser à contester les positions de certains scientifiques n'est pas toujours bien vu... tant il est vrai que certains scientifiques pensent avoir la Vérité chevillée au corps et au mental cartésien. Ils ont oublié que le "mental cartésien", fort utile au demeurant est un outil et comme tous les outils, il a sont domaine d'utilisation. Il est probable que certaines réponses ne seront jamais apportées de façon sûres et certaines par la seule approche scientifique expérimentale... je pense en particulier à la question "La Vie existe-t-elle ailleurs que sur Terre ?". Sur cette question précisément, on recherche des exoplanètes susceptibles de réunir les conditions requises pour faire démarrer La Vie (faut-il dire ici que d'emblée nous posons des restrictions sur les conditions à réunir en fonction de nos connaissances actuelles et de ce que nous sommes capables d'admettre !) mais de là à parvenir à des certitudes "scientifiques" que La Vie y est bien présente sous une forme ou une autre... il y a un pas que nous ne pourrons jamais franchir avant sans sans doute très longtemps sauf à aller y voir de plus près comme pour les planètes soeurs de notre système solaire. Pour ce qui est des exoplanètes gravitant autour d'autres étoiles proches"... nous resterons toujours hélas dans le domaines des probalilités. 

Autre source de "Vérités"... les Religions ! qui nous proposent leurs "Histoires Religieuses" et leurs Dogmes.

Nous sommes au milieu...

Nous sommes censés forger notre vérité parmi ces "icônes" respectables.

Selon moi, au fil du temps, le Concept de Dieu imposée à la conscience humaine a été peu ou prou dévoyé par les dogmes et discours religieux qui en ont dressé un portrait tumultueux, trouble et finalement peu vraisemblable.

A travers mon itinéraire personnel, je me suis longtemps penché sur la problématique "Dieu" avec cette question lancinante "Pourrait-il finalement exister au milieu des apparences de profonde solitude et du chaos ambiant ?! ...

Face à ce questionnement récurrent, j'en suis même arrivé à écrire un livre, qui, parmi nombre de thèmes abordés, tente de creuser à l'aune de mon intuition et du bon sens la question de l'existence ou non de "Dieu".

Pour infos mon livre a pour titre "L'Ultime Vérité serait-elle iconoclaste ?" paru aux éditions PUBLIBOOK (Paris).... Rubrique "Philosophie".... Nom d'auteur : Patrick OSARIAN !

Etant par ailleurs Médecin, mon approche du problème "Dieu" a intégré nécessairement et dès le départ des impératifs scientifiques et cartésiens. Au fil des pages de ce livre (580 pages !) je poursuis une forme de démarche rigoureuse et cartésienne.... même si mes conclusions ultimes et finales sont plutôt "osées", "exotiques" et "non orthodoxes". 

Dans ce livre et au fil des pages, je me livre à une sorte de jeu... celui de démonter méthodiquement "Belles Théories" (exemple de "Belles Théorie" : le hasard créateur avec son corrolaire de la Théorie darwiniene sur l'Evolution !) et "Dogmes" pour voir ce qu'elles ont dans le ventre.. et ce qu'ils ou elles nous demandent d'admettre soit au préalable, soit  dans leurs implications directes et collatérales. J'essaie de préciser les implications et les prérequis de certaines "Belles Théories" et "Dogmes". J'essaie de trouver les "Concepts-Racines" sur lesquels s'appuient Théories et Dogmes et sur lesquels on édifie sur leurs bases souvent incertaines toutes nos "Cathédrales de Théories et de Dogmes !

On n'est pas loin du château de cartes construit sur une mer de sable mouvant !!

Au final, j'en suis arrivé à la conclusion que rien n'est finalement très clair parmi tout ce qu'on nous propose et beaucoup de concepts ayant pignon sur rue relèvent selon moi le plus souvent de la spéculation et de l'invraisemblance. Beaucoup relèvent des spéculations, des théories et des histoires religieuses forgées au fil du temps par quelque autorité intellectuelle, religieuse mais toujours... humaine. Toute cette nourriture concetuelle nous  est proposée "pré-mâchée"et "pré-digérée" (La Science a parlé... La Religion a parlé !!) à la conscience du "petit peuple" (vous et moi !) qui attend souvent passif qu'on lui donne des directives de "Vérité" par procuration. Il n'aura plus qu'à choisir.... et ça fait des siècles que ça dure !!

Selon moi tout peut et doit être re-discuté et reconsidéré à l'aune du bon sens commun et d'une forme d'intuition transcendante capable de nous mener sur des chemins plus sûrs et cohérents de vérités. Il ne s'agit jamais de partir dans des délires mais de se forger une opinion à travers une démarche rigoureuse.

Selon moi, certains concepts peuvent être admis et acceptés... d'autres restent inaccepables et spéculatifs même sous le label "scientifique".

C'est notamment le cas du prétendu "hasard créateur" car le hasard n'a jamais rien pu créer et tout système clos soumis aux seules lois du hasard retourne au pur chaos !

Construire tout un édifice théorique et intellectuel sur cette première pierre (je parle du "hasard créateur" !) aboutit à proposer à la conscience de chacun des montagnes d'invraisemblances... simplement parce qu'au départ on part sur l'a priori que "Dieu" ou le Concept qu'Il recouvre ne peut pas et ne saurait exiter...

Tout ça parce que les Religieux ont fait leur travail de sape en nous proposant d'entrevoir ce Dieu sous des aspects totalement inacceptables et invraisemblables.

Le Dieu des Religions n'existe pas ... MAIS DIEU EXISTE !

BIEN SÛR QUE "DIEU" EXISTE !!... mais pas à travers l'imagerie trouble, tourmentée et agitées des Religions qui ont dévoyé la question de "Dieu" et qui au final ont détourné les Esprits vers une forme de Matérialisme ou d'indifférence.

Comme je le dis dans mon livre "Dieu" ne peut pas ne pas exister car, nier l'existence de ce Concept d'Intelligence Créatrice à l'oeuvre dans l'Univers (d'autres préfèreront parler de Déterminisme...) ... c'est accepter intellectuellement que le "Hasard Créateur" soit seul à la manoeuvre !! Cette dernière thèse, poussée dans ses ultimes retranchements est totalement et définitivement incohérente.

Au-delà des apparences qui, c'est vrai, prônent souvent le contraire, le HASARD n'existe pas ! Il ne saurait expliquer à aucun moment et de quelque façon que ce soit l'émergence de La Vie, du "Créé" et de "L'Existant".

J'ai longuement développé ce thème dans mon livre en insistant en particulier sur le fait que ce concept ne peut en aucun cas expliquer la naissance de la complexité de la Vie et la création primitive du Code Génétique.

Je ne détaillerai pas ici certains longs développements menant à certaines conclusions. Si certains sont intéressés par qulques réflexions ils pourront toujours...;

En coclusion, je tenais à rédiger ce mail et pour ceux qui souhaiteraient converser gentiment et courtoisement avec moi je donne ici mon adresse email d'auteur : patrick.osarian@gmail.com

Merci de réagir à ce mail car tous les avis sont intéressants et bons à discuter.

 

Commentaire n°2 posté par Patrick OSARIAN le 23/11/2008 à 12h02

Bonjour,

pardonnez-moi si je ne suis pas très rapide pour répondre aux messages. Actuellement, je suis assez pris et je fréquente peu mon propre blog. Je respecte votre point de vue et votre itinéraire intellectuel. Pour ma part, mon sentiment face aux doctrines et aux philosophies est tout autre. Je suis d'accord que l'histoire des doctrines et des systèmes de pensée a l'aspect des sables mouvants. Mais justement, il y a une chose qui me frappe : c'est qu'au milieu de ce chaos, il existe une tradition stable, cohérente, qui seule a su résister à toutes les critiques alors qu'elle a existé dans la partie du monde où la dialectique et l'argumentation se sont développées presque sans limite ; et cette tradition, c'est celle de l'Eglise. En dehors de la doctrine catholique (elle-même cohérente avec la tradition orthodoxe), je ne vois rien de stable dans le monde des conceptions philosophiques. Lorsqu'un chrétien du XXIe siècle lit Bellarmin, St François de Sales, St Thomas, St Augustin ou St Jean Chrysostome, il a presque l'impression de discuter avec des amis et des contemporains. Ajoutons que cette tradition existe de façon cohérente sur tous les continents à la fois, et cela depuis des siècles.

Dans Le philosophe et la théologie, Etienne Gilson n'hésite pas à dire qu'il trouve dans cette cohérence incomparable une des preuves les plus fortes en faveur du christianisme. Une personne qui a lu tous les plus grands philosophes, de Parménide à nos jours en passant par Platon, Aristote, Plotin, Boèce, Scot Erigène, Averroès, Maïmonide, St Thomas, Spinoza, Leibniz, etc. peut s'en apercevoir. Même l'école platonicienne qui a duré quelques huit ou neuf siècles, ne résiste pas à cette comparaison, car le platonisme de Plotin et de Boèce n'a pas grand chose à voir avec celui de Platon et de ses premiers disciples. 

Réponse de Héron mélomane le 30/11/2008 à 19h43
mon blog aussi sur Dieu et l'atheisme
http://dieu-atheisme.over-blog.com/
Commentaire n°3 posté par Frédéric le 18/04/2009 à 13h12
Bonjour,

J'ai lu avec intérêt votre article. Toutefois votre argumentation est fausse sur le principe de coïncidence. Vous justiez que la vie est improbable par la probabilité, alors que toutes les recherches génétiques prouvent le contraire depuis des années. Ensuite vous abusez d'une comparaison avec le 11 septembre qui n'a rien à voir avec la formation d'une ADN ou d'une ARN ainsi que leur mutation aléatoire.

Il est bien beau de chercher dans les livres de philosophes éteints des preuves de vos certitudes. Je vous recommande, amicalement, d'ouvrir des livres de génétique et de sciences du vivant avant d'annoncer de telles certitudes.
Commentaire n°4 posté par Popper le 04/05/2009 à 16h16
Bonjour,

j'ai lu des livres de philosophie de la biologie récents qui abordent le sujet, mais je ne constate pas d'unanimité entre les biologistes pour dire que l'apparition de la vie était finalement assez probable. Au contraire, ils ont l'air de dire que l'apparition de la première structure physique capable de se répliquer elle-même était a priori très improbable. Ils évoquent parfois des hypothèses récentes destinées à montrer que cette probabilité n'était pas infime ou négligeable, mais reconnaissent que la question est difficile et que l'apparition de la première cellule ou d'une molécule complexe capable de se répliquer est un mystère.
En fait, je n'ai aucune certitude sur ce sujet, et je suis parfaitement convaincu qu'il est important de tenir compte des travaux scientifiques sur le sujet. En tant que philosophe, mon travail est de présenter de la façon la plus claire possible. Je laisse donc aux scientifiques les calculs de probabilités et me concentre sur la partie philosophique de la discussion, qui relève de la métaphysique et de l'épistémologie.
Je suis prêt à renoncer complètement à cet argument s'il est sans valeur, mais je pense que Pascal avait raison en disant que les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu ne sont de toute façon pas les arguments les meilleurs dont disposent les croyants. L'argument des prophéties, par exemple, est plus convaincant, parce qu'il est moins abstrait et qu'il prouve beaucoup plus que les fameuses preuves de l'existence de Dieu.

A propos de la comparaison avec les attentats du 11 septembre, pourquoi ne serait-elle pas valable ? Le principe de simplicité s'applique à tous les événements improbables, que ce soit la formation d'une molécule complexe, ou le fait qu'un dé tombe très souvent sur le six, ou le fait que cinq avions de ligne s'écrasent au même moment sur des bâtiments qui symbolisent la puissance américaine.

Héron mélomane.
Réponse de Héron mélomane le 07/06/2009 à 12h12

j'ai lu des livres de philosophie de la biologie récents qui abordent le sujet, mais je ne constate pas d'unanimité entre les biologistes pour dire que l'apparition de la vie était finalement assez probable. Au contraire, ils ont l'air de dire que l'apparition de la première structure physique capable de se répliquer elle-même était a priori très improbable.

 

Faux. Vous confondez ADN et ARN qui lui le fait sans problème.

 

Ils évoquent parfois des hypothèses récentes destinées à montrer que cette probabilité n'était pas infime ou négligeable, mais reconnaissent que la question est difficile et que l'apparition de la première cellule ou d'une molécule complexe capable de se répliquer est un mystère.

 

Et donc Dieu devient le God of Gap ! (Dieu bouche-trou)


En fait, je n'ai aucune certitude sur ce sujet, et je suis parfaitement convaincu qu'il est important de tenir compte des travaux scientifiques sur le sujet. En tant que philosophe, mon travail est de présenter de la façon la plus claire possible. Je laisse donc aux scientifiques les calculs de probabilités et me concentre sur la partie philosophique de la discussion, qui relève de la métaphysique et de l'épistémologie.

 

L’épistémologie vous apprendrait qu’il y a une différence entre savoir et croyance. Le savoir est réfutable car il implique que la connaissance est susceptible d’évoluer. La croyance se pose comme étant un dogme inamovible.  


Je suis prêt à renoncer complètement à cet argument s'il est sans valeur, mais je pense que Pascal avait raison en disant que les preuves métaphysiques de l'existence de Dieu ne sont de toute façon pas les arguments les meilleurs dont disposent les croyants. L'argument des prophéties, par exemple, est plus convaincant, parce qu'il est moins abstrait et qu'il prouve beaucoup plus que les fameuses preuves de l'existence de Dieu.

 

Quelles prophéties ? Celle de la bible ? Celles qui parlent d’un écrivain du Vie siècle avant JC qui aurait prophétisé les évènements du IIe siècle avant JC? Pas difficile, il écrit au IIe siècle ! Vous ne seriez pas Témoin de Jéhovah par hasard ?   

A propos de la comparaison avec les attentats du 11 septembre, pourquoi ne serait-elle pas valable ? Le principe de simplicité s'applique à tous les événements improbables, que ce soit la formation d'une molécule complexe, ou le fait qu'un dé tombe très souvent sur le six, ou le fait que cinq avions de ligne s'écrasent au même moment sur des bâtiments qui symbolisent la puissance américaine.

 

Vous confondez principe de simplicité et de parcimonie. Or le principe de parcimonie ne fonctionne pas avec les comparaisons abusives qui versent dans le sophisme.

Je n’ai rien compris avec votre dernière comparaison qui est complètement hors-sujet. Je vois juste une démonstration inachevée.

 

Par contre, en parlant de philosophie, celle qui donne l’esprit critique, il serait bien pour vous d’apprendre à décoder les faux raisonnements et les erreurs de logique. Comme je suis généreux, voici donc l’information pour vous

 

http://charlatans.info/logique.shtml

 

Cordialement

Popper

Commentaire n°5 posté par Popper le 10/06/2009 à 14h38
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