Vendredi 15 décembre 2006
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Une des spécificités de la religion chrétienne est la relation étroite qu’elle a toujours entretenue avec la philosophie. Les philosophes chrétiens s’accordent généralement sur les points suivants :
1. La foi ne repose pas sur des preuves purement déductives, ni sur des preuves parfaitement évidentes.
2. Mais la foi chrétienne peut se justifier à l’aide d’arguments variés, qui relèvent le plus souvent de l’induction ou de l’inférence à la meilleure explication. Parmi ces preuves, il faut mentionner les preuves philosophiques de l’existence de Dieu, les miracles (confirmés par des méthodes médicales ou historiographiques), la vie des saints, la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament, la fécondité et l’universalité du message biblique, la cohérence philosophique et théologique de la doctrine chrétienne, et sa constante nouveauté. Ces preuves ne sont pas directement évidentes, mais elles sont suffisantes pour que le pari de la foi soit le plus rationnel.
3. Il n’est pas nécessaire de connaître tous ces arguments pour commencer à croire. Dans tous les domaines (en science, etc.), on acquiert souvent la connaissance en se fiant à autrui, et sans savoir ce qui la justifie. Par exemple, on apprend certaines lois physiques avant d’en découvrir les preuves expérimentales. Bien plus : il arrive souvent qu’on ne fasse jamais l’expérience nécessaire (par exemple, je sais que l’Everest fait plus de 8000 m ; pourtant je n’en ferai jamais la preuve moi-même, et je crois que ce n’est pas utile). En bref, dans l’ordre naturel de la connaissance humaine, la foi précède généralement la connaissance des preuves.
4. La théologie est une œuvre collective, tout comme n’importe quelle discipline scientifique. Personne n’est assez intelligent pour répondre, seul, à toutes les grandes questions philosophiques et théologiques. C’est pourquoi il est nécessaire de se fier, dans le domaine moral et théologique, à une autorité intellectuelle. Cette autorité appartient au Magistère de l’Eglise, qui synthétise et coordonne les avancées de la raison dans le domaine théologique.