Mardi 6 mai 2008
2
06
/05
/2008
14:25
La suprématie du pape s’appuie sur plusieurs arguments :
-
L’argument de
convenance : il convenait de donner aux chrétiens une autorité visible, pour que tous soient un. Jésus lui-même a exprimé ce désir « que tous soient un », et le souci
de l’unité et de l’organisation dans l’Eglise se manifeste aussi dans les Actes des Apôtres (ch. 15) lorsqu’ils envoient une lettre apostolique à Antioche. Sans une autorité suprême
identifiable à partir de signes extérieurs (son unité, son universalité, sa sainteté, et le fait qu’elle descende de St Pierre), les hommes sont perdus, car la doctrine chrétienne n’est pas
contenue de façon explicite dans l’Ecriture. Elle se fonde sur elle, mais moyennant des principes d’interprétation, une certaine exégèse et une certaine traduction. Pour interpréter la Bible à
la seule lumière de son intelligence, il faut donc être à la fois philosophe, théologien, historien, exégète et archéologue. Bref, c’est impossible. C’est pourquoi les réformateurs protestants,
tout en adoptant le principe du libre examen, censé affranchir l’homme de toute autorité autre que celle de l’Ecriture, n’ont pas pu s’empêcher de créer de nouvelles institutions en concurrence
avec l’Eglise catholique. Pour éviter l'anarchie doctrinale, Calvin a mis en place une autorité religieuse officielle liée aux pouvoirs politiques. Mais cette solution est peu satisfaisante,
puisqu'une telle autorité est purement humaine. La légitimité d'une autorité religieuse dépend du fait qu'elle est assistée ou non par Dieu. Or en l'absence de toute autorité, c'est
l'esprit de division (ou de clocher) qui l'emporte, comme chez les évangéliques. Rien qu’en France, ils se divisent en plus de 1800 églises !
-
Le recours aux Pères de
l’Eglise : les pères de l’Eglise à partir du IIIe siècle croient à la primauté de l’évêque de Rome. Ils le considèrent comme l’autorité suprême et font appel à lui lrosqu'ils
sont en désaccord sur des questions doctrinales. C’est une des raisons qui ont poussé Newman et d’autres théologiens du mouvement d’Oxford à se faire catholiques. On peut ajouter que le
judaïsme avait sa hiérarchie et son autorité suprême. Il était somme toute assez naturel que les chrétiens en eussent également une, en continuité avec la religion instituée par Dieu lors de
l’Ancienne Alliance. On connaît l’attachement des orthodoxes à l’Eglise des premiers siècles. Or ils ont signé en 2007 un accord par lequel ils reconnaissent tous la primauté de l’évêque de
Rome (reste à préciser quelle primauté : les orthodoxes parlent d'une "primauté d'honneur" et celle-ci n'est pas comprise exactement de la même façon, pour l'instant, par les patriarchats de
Moscou et de Constantinople. Les discussions continuent entre eux et avec l'Eglise catholique). Les protestants et les témoins de Jéhovah sont en rupture avec l’Eglise des premiers siècles en
refusant toute primauté à l'évêque de Rome.
-
L’argument
scripturaire :
· « Pierre, tu es pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle, et je te
donnerai les clefs du royaume des cieux » (Mt 16, 18). Dans la Bible, le mot pierre ou rocher (en effet, le mot Kephas signifie roc, rocher) signifie la solidité, la stabilité. Et on sait
que les noms donnés par Dieu ont toujours une signification. Jésus dit que l’homme sensé construit sa maison sur le roc. Le rocher désigne même Dieu dans certains passages, pour la même raison
(il est fiable). La suite de la phrase va dans le même sens : les portes de l’enfer ne l’emporteront pas contre l’Eglise construite sur Simon-Pierre. Si Luther avait raison en croyant que la
papauté est l’œuvre du diable, ce passage deviendrait très difficile à interpréter. A propos des clefs du royaume, voir Isaïe 22, 20-24 : Ezechias remet les clefs à Elyaqim pour que tous voient
qu'il est son nouveau premier ministre. Jésus fait allusion à ce passage pour signifier que Pierre et ses successeurs auront désormais, de façon visible, l'autorité légitime.
· A la fin
du dernier évangile, Jésus dit à Pierre : « Pais mes agneaux, pais mes brebis » (Jn 21, 15). Que veut dire ce passage, sinon que c’est à Pierre et à ses successeurs que Jésus
confie l’autorité sur son troupeau ?
· « Satan vous a réclamés ; j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas ; toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères… » (Lc 22,
32). Ce passage indique que Jésus préserve son Eglise de l’influence de Satan. Il confirme l’interprétation catholique du premier passage : les portes de l’enfer ne peuvent pas l’emporter
contre l’Eglise, tout simplement parce que Dieu, dans sa toute-puissance, la protège des corruptions doctrinales.
· Il faut
ajouter à cela plusieurs indices insuffisants en eux-mêmes, mais qui ont valeur de confirmation : avec l’aide du Seigneur, Pierre marche sur le lac (la mer et l’eau symbolisent le mal – el
la Bible voit en Dieu le « maître des eaux ») ; il accomplit une pêche miraculeuse (deux fois) (ceci semble avoir un sens prophétique, Jésus ayant dit à Pierre qu’il le ferait
pêcheur d’hommes) ; la prédication de Notre Seigneur se fait à partir de la barque de Pierre ; enfin, après sa prédiction, c’est à Pierre que Jésus apparaît en premier.
N. B. : le chiffre de la bête dans l’Apocalypse ne peut pas désigner le pape. Les adventistes du septième jour pensent qu’il
désigne le pape parce que le total des lettres VICARIUS FILII DEI est 666. Mais l’argument est sans valeur car ce n’est pas un titre du pape. Aucun document de l’Eglise catholique ne porte cette
signature. Ce titre n’a jamais été donné au pape. En revanche, il est VICARIUS CHRISTI, ou PONTIFEX ROMANUS, mais ça ne fait pas 666. Il paraît d’ailleurs que le nom de la fondatrice des
Adventistes correspond à un total de 666…Nous ne dirions pas pour autant que c’est la bête de l’Apocalypse.
J'ai lu le premier, qui m'a beaucoup servi dans ma controverse sur la Sola Scriptura avec le Pasteur réformé Eric George.
Quant au second, je me le suis procuré, ainsi que la biographie de Walgrave (qui avait tant bouleversé Louis Bouyet).
Merci en tous les cas de contribuer à répandre la pensée de ces remarquables auteurs.
PS. J'ai acheté ce matin le livre de Karl Keating : "Une religion made in USA" (Editions Tempora) - en anglais : "Catholicism and Fundamentalism : the Attack on Romanism by Bible Christians". En avez-vous entendu parler?
- http://totus-tuus.over-blog.com/article-14011682.html
- http://totus-tuus.over-blog.com/article-14769592.html
La position des Eglises orthodoxes est beaucoup plus... nuancée.
Elles reconnaissent le principe selon lequel le patriarche de Rome a bénéficié d'une primauté d'honneur parmi les patriarcats, mais pas d'une primauté de juridiction. C'est le principe du "premier parmi ses égaux" (Primus inter pares). Depuis la rupture au XIe siècle, Rome étant sortie de la communion, cette primauté est échue au second siège en dignité, savoir Constantinople. Il s'agit donc d'une reconnaissance que l'on peut qualifier "de principe". Pour qu'elle puisse être effective, il faudrait que Rome réintègre la communion orthodoxe, et cette primauté ne pourrait s'appliquer que dans le cadre d'une primauté d'honneur, et éventuellement d'appel. Donc, nous sommes très loin d'une juridiction universelle. Par ailleurs, les conciles regardés comme oecuméniques par Rome, devraient être considérés comme des conciles régionaux (à l'exception, bien évidemment, des 7 Conciles oecuméniques : Nicée 1 et 2, Constantinople 1, 2 et 3, Ephèse, Chalcédoine), de même que l'Eglise orthodoxe a tenu des conciles après Nicée 2, qui sont regardés comme des conciles locaux et régionaux (et qui ne sont pas sans importance) mais pas comme oecuméniques.
Enfin, des points comme l'adjonction du "filioque" (et la théologie qui en découle), les dogmes de l'Assomption et (surtout) de l'infaillibilité pontificale seraient à mettre en discussion... non comme des faits acquis, mais comme des points contestés.
Donc, les orthodoxes considèrent que le Pape de Rome pourrait effectivement jouir d'une primauté d'honneur dans l'Eglise si.... beaucoup de choses changeaient en préalable.
Ou, autrement dit, le principe d'une primauté de l'évêque de Rome n'est pas contesté, mais pas du tout dans les termes où les catholiques l'attendent...
Cordialement
Tout à fait d'accord. Les catholiques et les orthodoxes ont à se mettre d'accord sur le genre de primauté qui doit revenir à l'évêque de Rome, ce qui n'est pas une mince affaire.
Je n'ai rien trouvé dans la Bible qui garantit à Rome et à son evêque l'autorité sur l'Église, ni sur les peuples. Quant au pape de Rome, je ne veux pas trop commenter sur lui, mais, il me semble que le verset que vous avez choisi: Matthieu 16: 18, est mal copié, peut-être pour mettre toutes les chances du côté de Rome, votre centre spirituel catholique. majuscule et le deuxieme en minuscule. Mais vous, vous avez mis le majuscule au premier Pierre et les minuscules au deux derniers.Tout d'abord, il y a un ''pierre', de trop. Et cela déforme toute l'idée du verset. Voici, je vais démasquer voutre astuce, fils du pape: Il est écrit: Tu es Pierre, et sur ''cette pierre'', je bâtirai mon Église, et que les forces du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle(Matthieu 16: 18)
Nulle part où Jésus affirme que l'Église est bâtie sur Pierre, mais, il dit: sur ''cette pierre''. La différence est énorme entre monsieur Pierre et la pierre. Jésus voulait jeter les fondements de l'Église sur la foi solide comme celle que ''le Père qui est dans les cieux''(Matthieu 16: 17) Effectivement, ''car c'est par grâce que nous sommes sauvés, au moyen de la foi. Et cela ne vient pas de nous, c'est le don de Dieu (Éphésiens 2:8)
Pierre de son tour, à la Pentecôte, affirma à haute voix que la pierre dont Jésus parlait n'était nullement le faible mortel Pierre: ''JESUS est LA PIERRE ANGULAIRE, rejettée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l'angle'' (Actes 4:11). Si Jésus aurait eu besoin d'un chef visible pour son Église, il l'aurait établi à Jérusalem, comme il avait prédit (Luc 24: 48).
Paul et ses compagnons d'oeuvre aussi, ''En passant par les villes, ils recommandaient aux frères d'observer les décisions des apôtres et des anciens de Jérusalem (Actes 16:4), et non de Rome.
Rome a usurpé l'honneur à Jérusalem. Rome a même porté atteinte au Sabbat du Seigneur, que Jésus et les apôtres sanctifiaient, selon la loi de Dieu (Exode 20: 8-11, Luc 4: 16, 23: 54-56; Actes 16: 13-15), pour le remplacer au jour du Soleil (solis die), d'après le decret de l'empereur Constantin, le 7 mars en 321. J'ai plusieurs preuves pour démontrer que ce n'est pas la volonté de Dieu que le chef de l'Église catholique soit le chef visible de l'Église qui sied à Rome, mais je vous laisse sur ceci. Refléchissez.
Tiens! Vous dites que vous me rappelez que je suis responsable du contenu des commentaires que je publie. Y aura-t-il des poursuites judiciaires? Ce serait encore une autre preuve qu'on est pas dans la voie de Jésus et de ses apôtres!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!