Mardi 8 mai 2007
2
08
/05
/Mai
/2007
10:25
Jésus est un personnage unique dans l’histoire. La figure de Jésus est à la fois très paradoxale et très cohérente : elle réunit en elle-même des idées apparemment contraires
entre elles, et cela de façon parfaitement cohérente. Jésus prétend être le Messie, et même il prétend être Dieu, et en même temps, il fait preuve d’une très grande humilité jusque dans cette
prétention même, et cela avec cohérence (« Mon royaume n’est pas de ce monde »). Ceci est déjà unique dan l’histoire, car autrement, seuls des fous comme l'empereur Caligula,
ont prétendu être de rang divin. Moïse, Mahomet, Bouddha, Confucius ou Al Halladj n’ont pas prétendu être de rang divin : il se sont présentés eux-mêmes, soit comme des prophètes, soit comme
des maîtres de morale. Mais ce n’est pas tout : Jésus meurt crucifié et ses disciples proclament qu’il est ressuscité. La sincérité de leur témoignage est prouvée par le fait que les
apôtres de la première génération ont préféré subir le martyre plutôt que de renier leur foi en Jésus ressuscité. La figure de Jésus est donc unique, et très cohérente malgré son aspect
paradoxal, ce qui suggère qu’elle n’est pas le fruit de l’imagination humaine, mais d’une sagesse supérieure : celle de Dieu.
En outre, à partir de ces trois traits réunis en une seule personne, on aboutit logiquement aux plus profondes idées sur le bonheur, les fins dernières, la
distinction entre le bien et le mal, etc.
De plus, ces trois points mis ensemble sont en parfait accord avec l’enseignement moral de Jésus et son enseignement sur les fins dernières.
Enfin, tout cela est dans la parfaite continuité de l’Ancien Testament, notamment des prophètes. En vivant et en s’exprimant ainsi, Jésus donne la clef d’interprétation des
prophéties : les différentes figures des prophéties, malgré leur diversité apparente, se rassemblent en une seule : Jésus est à la fois le Roi messie et le serviteur discret et
souffrant ; il est à la fois le « Fils d’homme » annoncé par Daniel, le Fils de Dieu, et Dieu lui-même venu, comme prédit, enseigner aux hommes sa volonté ; il est à la fois
grand prêtre, prophète et roi ; il est à la fois le prêtre et la victime offerte en sacrifice.
Ajoutons que les grands héros de l'Ancien Testament ont tous quelque chose de commun avec Jésus, et ce quelque chose varie d'un personnage à l'autre :
ils sont des préfigurations du Christ (Sur ce sujet, voir mon article intitulé "Jésus, pain de vie et Agneau immolé" dans la rubrique "prophéties").
Tout cela est-il l'effet du hasard ? Si c'est un concours de circonstances, il est d'une extrême improbabilité...
Cet argument, somme toute classique, a été exposé plusieurs fois par le théologien Hans Urs von Balthasar, et repris (mais simplifié pour le grand public) par Mgr Léonard, dans Les Raisons de
croire, éd. Fayard, 1987.