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La mort de Jésus sur la croix, et le fait qu’il ait subi cette mort volontairement, est ce qu’il y a de plus choquant dans la religion chrétienne : « scandale pour les Juifs, et folie pour les païens », elle l’est aussi pour les musulmans, et on sait que les premiers chrétiens en avaient souvent honte, parce que le supplice de la croix étaient le plus infâmant chez les Romains. Pourtant, cet acte de Jésus est le plus riche de signification. Tout semble converger dans le sacrifice de la croix. En mourant sur la croix, Jésus
1. réalise de nombreuses prophéties (par ex, Is 53). Voir la rubrique "prophéties" où on peut en lire quelques unes.
2. il prolonge plusieurs préfigurations. Par exemple, Joseph, vendu par ses frères (notamment Juda), sort de la citerne (ce qui préfigure sa résurrection). Ensuite, il les sauve tous. Avant cela, il est dans une prison entre deux hommes. A l’un, il promet le salut (la liberté). A l’autre, qui se moque de lui, il ne la promet pas (préfiguration des deux larrons). Jonas est à bord d’un bateau, pendant une tempête. L’équipage le choisit comme bouc émissaire et veut le sacrifier en le jetant à l’eau pour faire cesser la tempête. Jonas accepte d’être tué pour sauver les autres, ce qui préfigure la passion du Christ. Il est avalé par une baleine, puis il sort de son ventre, ce qui préfigure la résurrection. La mort de certains prophètes comme Jérémie ou Zacharie, préfigure la mort du prophète par excellence, Jésus Christ. La mort d’Abel le juste, tué par son frère Caïn, préfigure aussi celle du juste par excellence.
3. La croix existait chez les Juifs (notamment sur les tombes) et représentait la protection de Dieu (cf. aussi avant le passage de la mer rouge, quand les Hébreux doivent dessiner une croix sur leurs maisons pour être protégé du fléau envoyé contre les Egyptiens).
4. Cette mort sur la croix abolit et accomplit tous les sacrifices des religions plus anciennes. Ceux-ci étaient toujours des sacrifices de substitution, consistant à tuer un animal ou un être humain au lieu de se sacrifier soi-même d’une manière ou d’une autre. Les sacrifices anciens sont donc des préfigurations de ce sacrifice parfait, qui est le dernier. Ce sacrifice signifie aussi que l’homme ne peut pas se sauver ou se racheter par ses propres forces. Seul Dieu peut le sauver en lui pardonnant. La mort de Jésus sur la croix (et sa résurrection) est l’aboutissement de toute l’histoire religieuse de l’humanité.
5. En mourant ainsi, Jésus donne un parfait exemple de la non-violence, du pardon, surtout quand il dit « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font »
6. Il donne aussi le plus parfait exemple de l’amour. Il fait ce qu’il a enseigné en disant : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ». Il donne aussi un parfait exemple de la foi et de l’espérance (confiance en la bonté du Père, et assurance qu’il peut redonner vie).
7. Il manifeste l’amour de Dieu pour l’homme.
8. Il montre que la mort peut être vaincue et que Dieu veut donner aux hommes la vie éternelle.
9. Enfin, il donne un sens à la souffrance. Désormais, si un homme souffre, il peut offrir cette souffrance pour les autres, ce qui lui donne un sens et une valeur (ce qui ne veut pas dire que la souffrance soit bonne en elle-même, bien sûr).
Le fait qu’un acte apparemment absurde ait autant de signification et qu’il prolonge autant de prophéties et de préfigurations est tout simplement extraordinaire.
Pour lire des prophéties annonçant la mort de Jésus, rendez-vous à la rubrique "Bible et prophéties" sur ce site. Nous n'y avons pas mis le psaume 22, car elle porte avant tout sur les livres prophétiques. D’après les évangélistes, Jésus, au moment de sa mort, a cité le début du psaume 22, comme pour exprimer sa souffrance tout en indiquant que ce psaume était une prophétie de sa mort. Le début du psaume est un cri de détresse (« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »). La suite préfigure certains détails de la passion relatés par St Jean et correspond au genre de supplice infligé à Jésus, à savoir la crucifixion (« une bande de vauriens m’entourent, comme pour déchiqueter mes mains et mes pieds »). La fin du texte est une louange affirmant joyeusement que Dieu aime les pauvres, qu’ils « mangeront et seront rassasiés », puis que les hommes de toutes les nations adoreront Yavhé.
Quelques préfigurations
Le pain de l'eucharistie est préfiguré dans l'Ancien Testament par le pain que donne le grand prêtre Melchisédek en offrande à Yahvé, mais aussi par les pains du sacrifice qui sont dans l'arche d'alliance. Enfin, la manne préfigure l'eucharistie car elle nourrit le peuple de Dieu pendant sa traversée du désert. Le sacrifice du Chist est préfiguré par l'offrande de Melchisédek, par celle d'Isaac (qui accepte d'être sacrifié), par celui de l'agneau pascal, renouvelé chaque année par les Juifs, et par celui de Jonas, qui se laisse jeter par dessus bord pour calmer la tempête alors que les marins l'accusent injustement. La mort de Jésus est aussi préfigurée par celle d'Abel le juste, par celle de plusieurs prophètes, et par celle à laquelle Joseph et Jonas échappent de justesse.
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