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Portraits

philoreligion.com

Ce site, rédigé par un professeur de philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Mardi 30 janvier 2007

 

Quatre cents pains dans une corbeille vide

Le 22 octobre 1860, François Dalmazzo, quinze ans, entre à l'oratoire. II est né à Cavour, il a suivi ses premières classes à Pinerolo. Voici comment il a raconté l'événement :

« ayant lu les fascicules des Lectures catholiques, je demandai qui était don Bosco. Ayant appris qu'il avait une maison pour ses jeunes à Turin, je résolus de me joindre à eux ». François est admis à fréquenter la dernière année de collège.

Au bout de vingt jours, il est découragé. « Habitué à vivre à la maison d'une manière confortable, je ne pus m'adapter à la nourriture vraiment médiocre de la table commune et aux habitudes de l'établissement. J'écrivis donc à ma mère qu'elle vienne me chercher parce que je voulais absolument retourner à la maison

11 novembre. Maman arrive pour m'emmener. Avant de m'en aller, je désirais tout de même me confesser encore une fois à don Bosco. J'attendis mon tour pendant la messe. À la sortie, un petit pain était distribué à chaque jeune pour son petit déjeuner.

Pendant que j'attendais pour me confesser, arrivèrent les deux garçons qui devaient distribuer le pain. Ils dirent à don Bosco :

- Il n'y a plus de pain.

- Que voulez-vous que j'y fasse ? répond don Bosco. Allez chez Magra, notre boulanger, et qu'il vous en donne.

-     Magra a dit qu'il ne nous donnera plus rien parce qu'il n'a pas été payé.

-     Alors, on y pensera. Laissez-moi confesser .

J'entendis ce dialogue fait à mi-voix. Mon tour étant venu, je commençai à me confesser. La messe était déjà à la consécration et les garçons revinrent.

-     Don Bosco, il n'y a vraiment rien pour le petit déjeuner.

-     Mais laissez-moi confesser; ensuite, nous verrons. Allez chercher dans la réserve, dans les réfectoires ; il y aura bien quelque chose !

Pendant qu'ils y allaient, je poursuivis ma confession. J'avais à peine terminé que l'un des garçons revint pour la troisième fois.

-     Nous avons tout ramassé et voilà les quelques petits pains que nous avons trouvés.

-     Mettez-les dans le panier. Je viendrai moi-même les distribuer. Laissez-moi confesser en paix.

Il continua de confesser l'enfant qui était devant lui. Pas loin de la porte qui s'ouvrait après l'autel de la Madone, le panier de pain était déjà déposé. Me rappelant les faits miraculeux qu'on racontait sur don Bosco, et saisi par la curiosité, je cherchai à me placer au bon endroit pour voir ce qui allait arriver.

À la porte, ma mère m'attendait :

-     Viens, François, me dit-elle.

Je lui fais signe de patienter encore quelques minutes. Quand don Bosco arrive, il prend le premier un petit pain, regarde dans le panier et voit qu'il en contient une quinzaine ou une vingtaine. Alors je me plaçai sans me faire remarquer tout à fait derrière don Bosco sur la marche, les yeux à l'affût. Don Bosco commença la distribution. Les jeunes défilaient devant lui, heureux de recevoir le pain de sa main qu'ils baisaient, tandis qu'il disait un mot à chacun ou les gratifiait d'un sourire.

Tous les élèves - environ quatre cents - reçurent leur pain. La distribution finie, je voulus vraiment examiner le panier à pain, et à mon grand étonnement je constatai qu'il s'y trouvait la même quantité de pains qu'avant la distribution. Je restai abasourdi. Je courus tout droit vers ma mère, et je lui dis :

-     Je ne viens plus, je ne veux plus m'en aller, je reste ici. Pardonnez-moi de vous avoir fait venir à Turin.

Et je lui racontai ce que j'avais vu de mes propres yeux, en ajoutant :

-     Je ne veux pas quitter un saint comme don Bosco.

C'est la seule raison pour laquelle je suis resté à l'oratoire et que je me suis associé aux fils de don Bosco ».

François Dalmazzo devint salésien ; il fut pendant huit ans directeur du collège de Valsalice et pendant sept ans procureur général de la congrégation salésienne auprès du Saint-Siège.

 

 

 

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Mardi 30 janvier 2007

 

Cet événement a été raconté par Giuseppe Buzzetti (l'économe qui travaillait d'arrache-pied aux côtés de don Bosco) et confirmé par Carlo Tomatis, qui fut parmi les premiers garçons hébergés par don Bosco. Voici comment il est raconté par Teresio Bosco dans Don Bosco (une des meilleures biographies du saint) :

"Le jour des morts, don Bosco emmène tous les enfants qui fréquentent l'oratoire le dimanche et les jours de fête, visiter le cimetière et prier. Il a promis, pour le retour, des châtaignes cuites. Il en a fait acheter trois gros sacs.

Pietro Stella, après avoir passé au crible ce fait en 25 pages de critique historique serrée, et souligné la probabilité douteuse de certains détails admis dans le « récit officiel » fait par don Lemoyne dans le volume III des M.B., conclut : « Pour en revenir au récit de don Bosco et au fait objectif, il serait souhaitable que l'on adoptât la relation Fassati » (Pietro Stella, Don Bosco dans l'histoire de la religiosité catholique, vol I, «La vie et les oeuvres », Pas-Verlag, Zurich, 1968, p. 257). C'est ce que nous avons fait.

Maman Marguerite n'a pas compris ce qu'il veut et en a faire cuire trois ou quatre kilos. Joseph Buzzetti, le très jeune « économe », arrive à la maison avant les autres, voit l'affaire et dit :

-     Don Bosco en sera malade. II faut le prévenir tout de suite.

Mais dans la cohue du retour de toute la troupe affamée, Buzzetti ne réussit pas à s'expliquer. Don Bosco prend le petit panier et commence à distribuer des châtaignes avec la vieille louche toute trouée. Dans le tohu-bohu, Buzzetti lui crie :

-     Pas tant que ça ! II n'y en aura pas pour tout le monde.

- Mais il y en a trois sacs à la cuisine.

-     Non, il n'y a que ça, que ça ! » essaie de lui répondre Buzzetti pendant que les garçons hurlent et se poussent en vagues excessives. Don Bosco est décontenancé.

-     Mais j'en ai promis à tout le monde. Continuons tant qu'il en restera.

Il continue à distribuer une louche à chacun. Buzzetti regarde nerveusement les quelques poignées restées au fond du panier et la file d'attente de plus en plus longue. Un autre commence à observer lui aussi. Et tout d'un coup, il se fait comme un silence. Les centaines d'yeux écarquillés ne perdent plus de vue ce panier qui ne se vide plus...

Il y en eut pour tout le monde. Et ce fut sans doute la première fois ce soir-là que les garçons, les mains pleines de châtaignes, crièrent : « Don Bosco est un saint ! ».

 

 

 

 

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Vendredi 26 janvier 2007

En 1861, à l'oratoire, une équipe de personnes instruites et appartenant aux plus proches collaborateurs de don Bosco décide de se réunir de temps en temps pour raconter, à l'écrit, les épisodes marquants de la vie de don Bosco. Ces réunions sont secrètes ; elles se font à l'insu de don Bosco. L'équipe comprend don Alasonatti, don Rua (futur successeur de don Bosco), don Cagliero (futur évêque de Patagonie), Don Francesia (latiniste de renommée européenne), et dix autres salésiens. Ils sont tous convaincus que ce qui se passe autour de don Bosco a souvent un caractère exceptionnel et même vraiment surnaturel. Perdre le souvenir de ces événements, ce serait perdre un trésor. Il revient donc à chacun de prendre des notes. Pendant les réunions, les notes sont lues pour être corrigées en fonction de l'avis des autres, afin d'obtenir des récits exacts.

Don Lemoyne, en rapportant le fait dans le sixième volume de Memorie Biografiche, note : « Nous pouvons donc être certains de la vérité de ce que nous transmirent ces témoins. Au cours des années, d'autres les remplacèrent pour continuer le travail avec une égale affection pour don Bosco et pour la vérité ».

Ceci, bien entendu, est d'une grande importance. Rappelons que la connaissance en histoire s'appuie sur des témoignages dont la qualité est mesurée à l'aune de certains critères (sincérité des témoins, concordance de plusieurs témoins, etc.) Or il est clair que très souvent, les preuves utilisées en histoire ne sont pas d'une aussi bonne qualité que celles dont nous disposons pour connaître les miracles réalisés par don Bosco à partir de 1861.

 

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Mardi 23 janvier 2007
par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Mardi 23 janvier 2007

 

Jean Cagliero, un proche de Don Bosco, a seize ans. Un soir d'août, il rentre malade. On suppose que sa maladie vient du fait qu'il a mangé des fruits avariés. Le médecin, appelé aussitôt par don Bosco, exprime un diagnostic terrible : c'est le typhus. Pendant tout le mois de septembre, son état s'aggrave et il souffre d'une forte fièvre. A la fin du mois, il a la peau sur les os. Deux médecins passent pour le voir et déclarent que son cas est désespéré. Ils conseillent à don Bosco de lui administrer les derniers sacrements.

 

Don Bosco est profondément troublé. Il aime de tout son coeur ce garçon. Il n'a pas la force de lui annoncer la nouvelle. Il demande à Giuseppe Buzzetti de le faire avec une extrême délicatesse. Pendant ce temps, il descend à l'église prendre le viatique.

 

Giuseppe Buzzetti a tout juste parlé à Cagliero quand don Bosco revient avec la custode du Saint Sacrement. Mais au lieu de s'avancer vers le lit, il s'arrête, comme s'il voyait quelque chose que les autres ne pouvaient pas voir. Soudain, son visage n'est plus triste. Il sourit et s'avance vers Jean, qui lui demande s'il va vraiment mourir. Don Bosco lui répond qu'il vivra, deviendra prêtre, et partira très loin. Après ces paroles, don Bosco reporte le viatique à l'église.

 

Quelques jours plus tard, la fièvre tombe et Jean peut se rendre à Castelnuovo pour une longue convalescence.

 

Pendant un certain temps, Buzzetti et Cagliero se demandèrent ce que don Bosco avait vu en entrant dans la chambre. La réponse, don Bosco la donnera lui-même plus tard :

 

« Je mettais le pied sur le seuil lorsque, tout à coup, je vis une grande lumière. Une colombe d'un blanc immaculé, qui portait un rameau d'olivier, descendait vers le lit du malade. Elle s'arrêta à quelques centimètres du visage pâli de Cagliero et lui laissa tomber le rameau sur le front. Aussitôt après, il me sembla que les parois de la chambre s'ouvraient et découvraient des horizons éloignés et mystérieux. Autour du lit apparurent une foule d'étranges silhouettes primitives. On eût dit des hommes sauvages d'une stature gigantesque. Beaucoup avaient la peau sombre, tatouée de mystérieux dessins rougeâtres. Ces géants au visage fier et triste se penchaient sur le malade et, tremblants, se mirent à chuchoter :

 

-    S'il meurt, qui viendra à notre secours ? ».

 

La vision dura peu de temps, mais j'acquis la certitude absolue que Cagliero guérirait ».

Plus tard, Jean Cagliero est devenu l'évangélisateur de la Patagonie (au sud de l'Argentine). Il en est devenu aussi le premier évêque. Don Bosco a fait d'ailleurs plusieurs rêves prémonitoires en rapport avec les missions des Salésiens dans ce pays, alors peu fréquenté par les missionnaires.

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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