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philoreligion.com

Ce site, rédigé par un jeune enseignant en philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 09:22

Les croyants de confession catholique sont tenus de croire à la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. "Réelle" signifie par exemple qu'il ne s'agit pas d'une présence symbolique, mais aussi que :

(1) La présence du Christ dans l'hostie consacrée ne dépend pas de l'attitude des célébrants ou des fidèles qui participent à la messe (même si aucun d'eux n'est dans une attitude de prière, le Christ est réellement présent).

Or d'après la tradition catholique, la présence réelle suppose la transsubstantiation, autrement dit ceci :

(2) L'hostie consacrée, en devenant le corps du Christ, cesse d'être un morceau de pain. Elle n'est plus un morceau de pain, même si elle en a l'apparence. 

Précisons qu'aucun catholique n'est tenu d'adhérer aux théories imaginées par les théologiens pour montrer la possibilité de la présence réelle. Souvent, les philosophes ne distinguent pas assez le dogme et les théories théologiques. En ce qui concerne la transsubstantiation, on a souvent recours à la théorie de St Thomas d'Aquin, mais elle ne fait pas partie du dogme. Voyons maintenant les principales objections contre ce dogme.

 

 

 

Objection : comment pourrait-ce être le corps du Christ, puisque ce n’est que du pain ?

Réponse : cette objection suppose d’accorder une priorité à la connaissance sensible sur la connaissance par témoignage. Soit notre critère d’identification du pain et du corps du Christ est purement sensible : nous appelons alors « pain » ce qui a tel goût, tel couleur, telle consistance. Soit notre critère d’identification est celui du témoignage d’une personne en qui nous avons confiance : Jésus lui-même nous a dit que ceci serait son corps dans le sacrement de l’eucharistie.

En dernière analyse, la dénotation d’un terme comme « pain » est fixée par ostension. Quand nous apprenons la signification de ce mot, nous percevons un objet, et nous nous fions à une personne qui désigne cet objet en employant le mot « pain » : c’est ainsi que nous savons que c’est du pain. La connaissance du sens des mots repose donc sur le témoignage d’autrui. Quand Jésus dit « ceci est mon corps », il nous apprend, par une définition ostensive, que dans des conditions particulières (celle de l’eucharistie après son sacrifice parfait sur la croix), ce que nous appelons autrement du pain devient son corps. 

 

Mais tout cela ressemble à une querelle de mot. Le pain ne reste-t-il pas le pain, avec sa couleur habituelle, sa consistance, etc. ? Non, il n’est plus le même. Il a acquis des propriétés absolument nouvelles : il transmet la Vie à ceux qui le reçoivent dans de bonnes dispositions de cœur et d’esprit. Le chrétien n’a plus besoin de sacrifier un agneau et d’en manger la viande. Il mange l’hostie et celle-ci, transformée miraculeusement par la puissance divine, le fortifie en vue des épreuves qui l’attendent. Les propriétés causales de l’hostie ont changé. Donc il n’est pas excessif de dire que sa substance a changé. Il y a eu transsubstantiation. 

 

 

 

On peut formuler l’objection autrement : vous croyez donc, nous dit-on, qu’en mangeant ce morceau de pain, vous mangez de la chair humaine (Jésus étant vrai Dieu et vrai homme par son incarnation) ?

 

Réponse : Le mot « chair », tel que nous l’entendons spontanément, désigne des propriétés sensibles particulières. Or le pain azyme, dans le sacrement de l’eucharistie, conserve ses propriétés sensibles. Ce n’est donc pas en ce sens-là qu’il devient le corps du Christ.

Que signifie cette expression : « corps du Christ » ? Le corps du Christ peut être défini comme la réalité matérielle (c’est-à-dire sensible) en laquelle le Christ se rend réellement présent. En ce sens, le pain azyme consacré peut être le corps du Christ, bien qu’il ne soit pas de la chair humaine. Le fidèle catholique, d’ailleurs, s’il est tenu de croire à la présence réelle du Christ dans l’eucharistie, n’est pas tenu, en revanche, de croire que le pain consacré soit réellement de la chair humaine. Au contraire.

 

 

 

En instituant le sacrement de l’eucharistie, le Christ a choisi un moyen très simple de fortifier les croyants grâce à un objet (le pain) qui remplace à la fois l’agneau pascal et le pain du sacrifice. Une fois de plus, ici, on peut admirer la continuité entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle, et la manière dont la Nouvelle Alliance, tout en réalisant les prophéties, unifie de façon cohérente des éléments divers de l’ancienne religion.

 

 

 

Qu’est-ce qu’être présent ?

 

Pourquoi puis-je dire que je suis présent ici, et dans ce corps ?

Imaginons une hostie qui se met à bouger, en se tordant toute seule, puis en bondissant. Dirait-on alors que c’est du pain ? Non, en dépit de sa couleur et de sa consistance, on ne la verrait plus comme un morceau de pain, à cause de son comportement.

De même, l’hostie consacrée n’est plus du pain parce qu’en dépit de sa couleur, de sa masse et de sa consistance, elle « fait » certaines choses qu’aucun morceau de pain ne peut « faire ». Elle n’a pas les mêmes facultés ou les mêmes propriétés causales que le pain, car elle donne aux croyants une force qu’ils n’auraient pas autrement.

 

L’hostie est donc le corps du Christ, parce qu’elle est la matière sensible dans laquelle il est présent, c’est-à-dire à travers laquelle il agit. Pourquoi puis-je dire, quand je vois un ami, que le corps que je vois est bien son corps, ou qu’il est présent dans ce corps ? Parce que ce corps se comporte d’une certaine manière. Il accomplit certaines actions, certains gestes, et il manifeste des expressions bien particulières, que j’attribue à une même personne.

Imaginons que l’on m’ampute de la main ou de l’avant bras, et que ce membre, une fois coupé, soit conservé quelque part. Peut-on dire qu’il fait partie de mon corps ? Non, bien sûr. Un membre mort ne peut pas faire partie d’un corps vivant. Je suis présent dans mon corps tant que ce corps manifeste mon action et la permet. Je ne suis donc plus présent dans cette main inerte. Ainsi, ce qui définit la présence d’une personne dans une matière sensible, ou sa possession d’un corps, ce n’est pas la matière qui constitue ce corps (peau, sang, muscles, etc.) mais ce sont les relations causales existant entre cette personne et ce corps.

Il n’est donc pas contradictoire de croire que Jésus est réellement présent dans le pain consacré (ou ce qui en garde les apparences sensibles), devenant ainsi tout à la fois le grand prêtre et la victime parfaite, l’agneau pascal et le pain du sacrifice.

Ce fait n’est pas contradictoire, mais mystérieux. C’est un mystère sublime parce qu’il est le point d’aboutissement, non seulement du judaïsme, mais de toute l’histoire religieuse de l’humanité. Dans ce sacrement si paradoxal, de nombreux rites anciens trouvent leur unité, non seulement des rites, mais aussi des prophéties et des préfigurations. 

 

Nous voyons maintenant que la croyance à la présence réelle du Christ dans l’eucharistie n’est pas contradictoire, en dépit de son caractère paradoxal. En fait, il est possible d’aller beaucoup plus loin en montrant quelle est la signification de cette présence réelle. Le sacrifice du Christ et l’institution de l’eucharistie, qui en découle, ont un sens très profond et sont le point d’aboutissement de nombreuses prophéties et préfigurations.

Par Héron mélomane - Publié dans : Dogme et théologie
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Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 10:25

John Henry Newman, théologien anglais du XIXè siècle, nous a laissé, au milieu de nombreux écrits théologiques, un grand livre de philosophie sur la foi et la raison : la Grammaire de l’assentiment (1870). Ce livre est l’aboutissement de plus de vingt ans de réflexion sur le rapport entre la foi et la raison. Tout en travaillant à la rédaction de ce livre, Newman correspondait avec un ami athée pour échanger des arguments sur ce délicat problème[1]. La démarche de Newman consiste à utiliser l’épistémologie pour savoir si les croyances religieuses sont compatibles avec les critères de la rationalité.

 

 

 Deux conceptions de la rationalité

 

 

Le cardinal Newman distingue deux conceptions de la rationalité. La rationalité à l’œuvre dans les démonstrations mathématiques peut être comparée à une tige métallique (quelque chose d’étroit et de ferme). Mais en réalité, la justification rationnelle ne prend pas souvent cette forme. Dans la plupart des cas, elle correspond plutôt à celle du câble, qui est aussi solide, mais dont la solidité vient de l’assemblage de plusieurs fils, fragiles quand ils sont séparés. Dans la plupart des situations de la vie, nous ne pouvons pas fonder nos choix sur des démonstrations de type mathématique, mais nous nous appuyons sur plusieurs indices qui convergent vers une même conclusion. Les preuves que nous possédons sont en général imparfaites, mais nous en possédons plusieurs. Le modèle cartésien des « chaînes de raisons » est donc inapplicable en réalité[2]. D’après Aristote, il est absurde de demander des preuves de type mathématique dans des matières où il est impossible d’en trouver. Newman se réclame volontiers d'Aritote. D’après Newman, il est non seulement déraisonnable, mais irrationnel d’exiger des preuves de type mathématique lorsqu’il s’agit de justifier ses choix de vie, ses valeurs morales, ou ses croyances religieuses. Newman propose une forme de réalisme épistémologique[3].

 

 

Les probabilités convergentes

 

 

La certitude du croyant ne repose donc pas sur une chaîne de déductions absolument rigoureuses du point de vue logique. Elle s’appuie sur un ensemble d’indices ou de preuves qui sont seulement probables[4], mais qui, en convergeant vers une même conclusion, confirment celle-ci au point de la rendre certaine aux yeux du croyant. La rationalité des croyances religieuses ne ressemble donc pas à celle des mathématiques, mais plutôt à celle d’autres sciences comme l’histoire : l’historien s’appuie sur un ensemble d’indices plus ou [5]moins imparfaits, dont certains consistent en témoignages. La fiabilité des témoignages est jugée en fonction des qualités des témoins : de leur sincérité, et parfois de leur compétence. L’historien, pas plus que le juge dans un procès, ne peut exiger le même degré d’évidence qu’un géomètre, car cette attitude le condamnerait à ne trouver aucun indice et à rester éternellement dans l’indécision. Il en est de même pour le croyant.

Les arguments évoqués par Newman sont traditionnels : la réalisation des prophéties, la nouveauté et l’universalité de l’enseignement du Christ, convaincant pour les hommes de toutes cultures, la diffusion très rapide du message évangélique pendant les premiers siècles, la vie des saints, les miracles, anciens ou récents, la solidité philosophique de la morale chrétienne et de la pensée chrétienne en général, les preuves philosophiques de l’existence de Dieu, etc.



[1] Voir J.H.Newman, Correspondance avec Froude

 

[2] Le philosophe américain Ch.S.Peirce, à la même époque, dit à peu près la même chose en usant d’une image très proche de celle de Newman. Cf. Peirce, Textes anticartésiens. Peirce ne traite pas, dans ce livre, de la croyance religieuse. Mais il est possible qu’il ait subi l’influence de Newman.

 

[3] “An iron rod represents mathematical or strict demonstration ; a cable represents moral demonstration, which is an assemblage of probabilities….A man who said “I cannot trust a cable, I must have an iron bar” would, in certain given cases, be irrational and unreasonable” (Letters and Diaries of John Henry Newman, vol. 21, p. 146, Clarendon press, 1973).

 

[4] On distingue habituellement deux espèces de probabilités (cf. Keynes, Russell, Swinburne, etc.) : les probabilités quantifiables (cf. statistiques, jeux de hasard, etc.) et les probabilités non quantifiables (enquête policière, enquête historique, etc.). Celles dont parle Newman sont évidemment du second type.

[5] En français, la  « prudence », mais cette traduction ne rend pas compte de toutes les connotations du mot grec. La phronèsis est la vertu intellectuelle qui guide la pratique, c’est l’intelligence pratique, la capacité de bien choisir lorsque la certitude manque.

 

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 12:12

"Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas". Tout le monde a entendu cette fameuse citation de Pascal. L'ennui, c'est que très peu de gens connaissent sa véritable signification. Qu'est-ce que le coeur, chez Pascal ? Ce n'est pas le sentiment, ni l'affectivité. Pascal est-il en train dire que la foi relève du sentiment et non de la raison ? Non, non et non ! Absolument pas !

Pour Pascal, il y a bien des raisons de croire. Le but des Pensées (ou du livre qu'il avait l'intention d'écrire en écrivant ses pensées, notes de brouillon qui furent retrouvées après sa mort) est bien d'exposer les raisons de croire, pour aider les libres penseurs à accueillir la vérité révélée. D'après lui, l'argument le plus fort en faveur de la vérité du christianisme est celui des prophéties, auxquelles il consacre une bonne partie des Pensées.

Alors que veut dire la citation ? Pascal donne un sens très particulier au mot coeur. Le coeur est la faculté de connaître certaines vérités de façon intuitive. Par là, il se distingue de la raison, capacité de connaître la vérité de façon dicursive (c'est-à-dire à l'aide de raisonnements que l'on peut formuler verbalement). Pascal dit que tout raisonnement mathématique repose sur des axiomes, propositions évidentes et indémontrables. Ces vérités premières sont connues par le coeur (et non, bien entendu, au terme d'un raisonnement).

Le coeur joue aussi un rôle après la formulation des raisonnements : si on me présente une multitude d'arguments pour et contre la foi, après un examen rationnel plus ou moins détaillé, c'est finalement au coeur de discerner la vérité, car c'est toujours de façon plus ou moins intuitive que nous estimons la qualité des arguments proposés.

Le mot coeur, dans la Bible, désigne le centre de la personne : c'est le coeur qui décide ultimement de suivre ou de rejeter la vérité. Pascal a sans doute repris le sens biblique du mot, en y ajoutant ses considérations épistémologique sur le rapport entre la démonstration et la connaissance intuitive.

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /Fév /2007 08:42

Traditionnellement, surtout depuis Descartes et les "Lumières", on définit la rationalité de façon purement négative. Cette manière de voir aboutit à des incohérences : on applique aux croyances religieuses des critères qu'on est loin d'appliquer en histoire, dans les sciences humaines, voire dans les sciences de la nature (par exemple, les théories physiques ne sont pas démontrables à proprement parler). Au XVIIIème siècle, un philosophe écossais, Thomas Reid, a pris le contrepied de cette tendance en décrivant de façon positive et réaliste le fonctionnement de la connaissance humaine .

Descartes applique le principe suivant :

(PR) : Il ne faut rien croire sauf ce qui est démontré ou absolument évident. (il ne faut donc jamais se fier aux autres - ou même à ses propres facultés de connaissances, comme la vue - sauf si ce qu'ils disent est démontrable ou immédiatement évident).

Thomas Reid propose exactement l'inverse :

(PC) : Il faut croire que les choses sont comme elles semblent être, sauf s'il y a une apparence contraire et plus forte. Il faut donc se fier aux autres (ou à ses propres facultés de connaissance) sauf si on a une bonne raison de croire qu'ils ne sont pas fiables.

Reid note que si les enfants appliquaient le principe PR, ils "seraient absolument incrédules, et par conséquent, absolument incapables d'instruction". En effet, on ne peut rien apprendre si on applique ce principe. Quand un enfant apprend à parler, il ne peut apprendre le sens des mots qu'en se fiant aux personnes qui l'entourent. Par exemple, si on lui montre un chat en disant "Oh ! un chat !" il ne peut savoir que c'est un chat que s'il croie ce qu'on lui dit. Or, même à l'âge adulte, ce principe est valable. Par exemple, dans une enquête policière, on est souvent obligé de se fier à des témoins ; et on ne s'en méfie que si on a de bonnes raisons de le faire (s'ils ne sont pas sains d'esprit, s'ils sont intéressés, s'ils se contredisent, etc.).

Le principe de crédulité (PC) s'applique à toutes les facultés de connaissance. S'il vous semble "que vous voyez une orange ou que vous ouvrez une boîte de petits pois, alors probablement, vous voyez une orange ou vous ouvrez une boîte de petits pois. Bien plus, vous devez le croire, à moins que vous n'ayez une bonne raison de vous croire victime d'une illusion : pour cela, il faut qu'il y ait un conflit entre ce qui vous semble vrai et d'autres choses qui vous semblent également vraies. Par exemple, ce ne peut être une orange si vous pouvez passez la main au travers ; et s'il vous semble avoir passé la main au travers, c'est une raison de croire que vous êtes victime d'une illusion en croyant voir cette orange." (Richard Swinburne, The Evolution of the Soul, p.11)

Depuis vingt ou trente ans, l'oeuvre de Reid intéresse de plus en plus les philosophes anglosaxons, qui reprennent volontiers certaines de ses idées. 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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Mardi 6 février 2007 2 06 /02 /Fév /2007 20:48

Les apparitions de Fatima et toute la série d'événements mystérieux qui a suivi, pendant des dizaines d'années, jusqu'à la révélation du troisième secret par le pape Jean-Paul II, forment un tout parfaitement cohérent. Certains miracles, dans cette série d'événements, ont été vus et racontés par des témoins très sûrs, dont le pape Pie XII lui-même. Enfin, le miracle du 13 octobre 1917 a duré une dizaine de minutes et s'est produit devant une foule de 70000 personnes.  

Le sens des apparitions de Fatima est prophétique. Dans les messages de la Vierge aux trois enfants qui pouvaient la voir lors des apparitions, elle évoque le sort de la Russie, la fin de la guerre 14-18, et le risque d'une autre guerre mondiale. Le message de Fatima est donc lié, en partie, aux grands événements tragiques du XXè siècle. En même temps, ce message est un appel à la conversion (comme chez les prophètes de l'Ancien Testament). Pour en savoir plus sur le sens des événements de Fatima, vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

www.jesusmarie.com/apparitions_fatima_1.html.

Ce qui nous intéresse plus particulièrement, ici, c'est la qualité des preuves disponibles pour confirmer la réalité de ces miracles. Le 13 octobre 1917, après la cinquième apparition, une foule d'environ 70000 personnes s'est rendue à Cova da Iria, à 3 km de Fatima, pour assister au miracle promis par la Vierge exactement trois mois plus tôt "pour que tout le monde croie". Tout d'abord, la Vierge apparaît aux enfants, se présente comme étant "Notre Dame du Rosaire" et renouvelle sa demande que l'on construise une chapelle en ce lieu. Elle invite les "justes" à faire pénitence et à prier pour la paix dans le monde et la conversion de la Russie, puis elle s'en va.

La foule voit alors le soleil tourner trois fois sur lui-même en lançant des faisceaux de lumières de différentes couleurs, d'un côté et de l'autre. Soudain, la foule crie, effrayée : le soleil semble se précipiter vers la Terre, mais il s'arrête. D'après les témoins, ceci a duré environ dix minutes et pendant tout ce temps, il était possible de contempler le soleil fixement sans être ébloui.

Peu de temps après, la guerre prend fin.

Pendant les années 1920-1930, Lucie, devenue religieuse, continue à avoir quelques apparitions. Le 26 janvier 1938, après avoir vu une "aurore boréale", elle annonce à son évêque, ses confesseurs et ses supérieurs que la guerre est imminente.

Mi-octobre 1943 : le pape demande à soeur Lucie d'écrire le contenu du troisième secret que lui a révélé la Vierge en août 1917. Ce message est rendu public en 2000. Il semble prédire l'attentat contre le pape Jean-Paul II. Auparavant, il a été lu par Jean XXIII (en 1960) et par Paul VI (en 1965) ; l'un et l'autre ont refusé de le rendre public.

En 1950, les 30 et 31 octobre,et le 1er novembre, puis le 11 novembre, à 16 heures, le pape Pie XII, dans les jardins du Vatican, voit le soleil "danser", d'une manière qui rappelle le fameux miracle du 13 octobre 1917.  

Imaginons un assassinat en pleine rue, devant mille témoins qui ne se connaissent pas, qui viennent de régions diverses et de milieux tout aussi variés. Ils ont largement le temps de voir l'assassin (plusieurs minutes). Ensuite, lorsque le criminel est inculpé, ils témoignent tous contre lui en racontant les mêmes faits de la même façon. Leurs récits sont cohérents entre eux alors qu'ils n'ont pas pu se concerter pour raconter la même "version' des faits. Ceci est normalement considéré comme une preuve largement suffisante. Ajoutons maintenant qu'aucun témoin n'est venu pour défendre l'accusé ou pour diriger les soupçons vers une autre personne. Dans un cas comme celui-ci, serait-il rationnel de croire que l'individu en question n'est pas vraiment le coupable ? Non, bien sûr. Alors pourquoi ne pas raisonner de la même façon pour les miracles de Fatima, notamment celui du 13 octobre 1917 ? Les témoignages sont nombreux, cohérents entre eux, de qualité, et provenant pourtant de personnes très diverses, de sources indépendantes. Le fait s'est reproduit plus tard, d'après le pape Pie XII lui-même, trois de suite, en 1950. Si tout cela était une supercherie, plusieurs papes y auraient participé... Enfin, si le miracle de 1917 ne s'était pas produit de façon claire, des témoins assez nombreux l'auraient dit. Il y aurait donc eu des contradicitons dans les témoignages.  

Pour plus de détails, lire le résumé des événements dans le QUID, ou bien cliquer sur le lien proposé un peu plus haut...

 

Par Héron mélomane - Publié dans : Miracles et vies de saints
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 09:24

 

 

 

 

On peut admettre la possibilité que le nombre des choses futures soit infini, car cette hypothèse est compatible avec le fait qu’à chaque instant, il y a un nombre fini de choses existantes. Elle est également compatible avec l’idée qu’à chaque instant, le nombre total de choses qui existent ou qui ont existé est fini.

Ce qui paraît inadmissible, en revanche, c’est l’idée qu’il puisse y avoir au même instant un nombre infini de choses ou d’êtres. Sur ce point, les philosophes semblent d'accord. Car il faut bien que le nombre des choses existantes soit tel ou tel, par exemple qu’il soit pair ou impair. Or l’infini n’est ni pair ni impair, ni quoi que ce soit. C’est un nombre complètement indéterminé. Or tout ce qui existe (tout ce qui est réel) est déterminé, à la fois dans ses propriétés et dans sa grandeur. Par exemple, un objet coloré ne peut pas être ni bleu, ni rouge, ni jaune, ni d'aucune couleur déterminée. De la même façon, une quantité de pain, ou de blé est toujours déterminée : elle a une certaine masse, etc. Il n'y a donc aucune propriété indéterminée dans la réalité, ni aucune quantité indéterminée. C'est seulement dans notre esprit (ou dans nos raisonnements) qu'il y a des quantités ou des concepts indéterminés : des variables, par exemple.  L’espace est un infini actuel, mais l’espace n’est pas une chose, pas plus que le temps. Ce n’est que le cadre abstrait, ou le système de positions et de coordonnées dans lequel nous situons mentalement les choses et les phénomènes. Toute collection d’êtres réels et simultanés est donc nécessairement finie, puisqu’elle est nécessairement déterminée.

Imaginons un terrain de golf infini. Sur ce terrain, il y a une infinité de trous, une infinité de balles, et une infinité de brins d’herbes. Si je creuse dix trous de plus, le nombre de trous n’a pas changé : il est toujours égal à l’infini. Pourtant, il faut bien que ce nombre soit réellement différent. On voit donc que l’idée d’un nombre infini de choses existant simultanément est contradictoire.

Or ceci vaut également pour le nombre de choses ayant existé. A n’importe quel point du temps, il est nécessaire que le nombre de choses ayant existé soit déterminé, et donc fini. Par conséquent, il est impossible qu’il y ait eu une infinité de causes sans cause première. Il y a donc eu une cause première.

Al-Ghazâlî dit que nombre de tours accomplis par la terre autour du soleil jusqu’à ce jour est sans doute immense, mais pas infini, sinon il ne serait ni pair, ni impair, mais indéterminé. Admettre l’existence d’une succession infinie de choses ou d’évènements dans le passé, c’est admettre que ce qui est indéterminé peut exister réellement. Autant croire qu’on peut rencontrer la chevaléité au hasard d’une promenade dans la campagne.

Lorsqu’on ajoute plusieurs choses à un ensemble de choses réelles, cet ensemble s’en trouve augmenté. Or on ne peut rien ajouter à l’infini (par exemple, l’infini plus dix égale l’infini). Imaginons un terrain de golf comprenant une infinité de trous. Si je creuse dix trous de plus, j’ai ajouté dix trous au terrain, et pourtant il n’y a pas plus de trous qu’avant, car l’infini plus dix égale l’infini. On voit donc que le concept d’infini est un pur instrument de l’esprit, qui ne correspond à aucun ensemble de choses dans la réalité. Si j’ajoute plusieurs choses à l’ensemble des êtres ayant existé, cet ensemble ne peut pas rester le même ; il est évident qu’il s’en trouve changé et augmenté. Il ne peut donc pas y avoir eu une infinité de choses. Il faut donc qu’il y ait eu, avant la succession des choses, un Premier Etre immuable et nécessaire, celui que tous les philosophes appellent « Dieu »[1].

Certains physiciens utilisent un autre argument pour montrer qu’il n’y a pas d’infini actuel et que la notion d’infini n'a pas de sens physique, mais seulement un sens mathématique. Ils déclarent que l’idée d’un univers infini rend probable n’importe quel évènement physique[2], y compris les plus improbables. Par exemple, il est extrêmement peu probable qu’un singe placé devant un ordinateur écrive par hasard la Critique de la raison pure en tapant sur les touches du clavier. Or si l’on suppose que la matière se combine depuis un temps infini, ou qu’il y a une infinité de mondes matériels dans l’univers, ce fait devient probable, et finalement, on doit admettre qu’il s’est déjà sans doute produit. Cette idée rejoint les arguments précédents : la succession des phénomènes physiques a eu un commencement. Or dans la causalité physique, tout changement est produit par un autre changement. Il faut donc croire que la cause première des phénomènes physiques est une cause surnaturelle. 

Pour connaître les débats entre scientifiques sur la notion d'infini, voir les sites suivants :

www.lacosmo.com/infini                                                                                     

villemin.gerard.free.fr

                                                                                               Héron mélomane



[1] Al-Ghazâlî utilise un argument proche de celui-ci pour réfuter la thèse de l’éternité du monde. Cf. L’incohérence des philosophes (existe en traduction anglaise : The Incoherence of the Philosophers, p.18, trad. Michael E. Marmura, Brigham Young University Press, Provo, Utah , 2000,).

[2] N’importe quel événement qui est physiquement possible, c’est-à-dire qui n’est pas contraire aux lois de la nature.

Par Héron mélomane - Publié dans : L'existence de Dieu
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Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 09:09

 

Quatre cents pains dans une corbeille vide

Le 22 octobre 1860, François Dalmazzo, quinze ans, entre à l'oratoire. II est né à Cavour, il a suivi ses premières classes à Pinerolo. Voici comment il a raconté l'événement :

« ayant lu les fascicules des Lectures catholiques, je demandai qui était don Bosco. Ayant appris qu'il avait une maison pour ses jeunes à Turin, je résolus de me joindre à eux ». François est admis à fréquenter la dernière année de collège.

Au bout de vingt jours, il est découragé. « Habitué à vivre à la maison d'une manière confortable, je ne pus m'adapter à la nourriture vraiment médiocre de la table commune et aux habitudes de l'établissement. J'écrivis donc à ma mère qu'elle vienne me chercher parce que je voulais absolument retourner à la maison

11 novembre. Maman arrive pour m'emmener. Avant de m'en aller, je désirais tout de même me confesser encore une fois à don Bosco. J'attendis mon tour pendant la messe. À la sortie, un petit pain était distribué à chaque jeune pour son petit déjeuner.

Pendant que j'attendais pour me confesser, arrivèrent les deux garçons qui devaient distribuer le pain. Ils dirent à don Bosco :

- Il n'y a plus de pain.

- Que voulez-vous que j'y fasse ? répond don Bosco. Allez chez Magra, notre boulanger, et qu'il vous en donne.

-     Magra a dit qu'il ne nous donnera plus rien parce qu'il n'a pas été payé.

-     Alors, on y pensera. Laissez-moi confesser .

J'entendis ce dialogue fait à mi-voix. Mon tour étant venu, je commençai à me confesser. La messe était déjà à la consécration et les garçons revinrent.

-     Don Bosco, il n'y a vraiment rien pour le petit déjeuner.

-     Mais laissez-moi confesser; ensuite, nous verrons. Allez chercher dans la réserve, dans les réfectoires ; il y aura bien quelque chose !

Pendant qu'ils y allaient, je poursuivis ma confession. J'avais à peine terminé que l'un des garçons revint pour la troisième fois.

-     Nous avons tout ramassé et voilà les quelques petits pains que nous avons trouvés.

-     Mettez-les dans le panier. Je viendrai moi-même les distribuer. Laissez-moi confesser en paix.

Il continua de confesser l'enfant qui était devant lui. Pas loin de la porte qui s'ouvrait après l'autel de la Madone, le panier de pain était déjà déposé. Me rappelant les faits miraculeux qu'on racontait sur don Bosco, et saisi par la curiosité, je cherchai à me placer au bon endroit pour voir ce qui allait arriver.

À la porte, ma mère m'attendait :

-     Viens, François, me dit-elle.

Je lui fais signe de patienter encore quelques minutes. Quand don Bosco arrive, il prend le premier un petit pain, regarde dans le panier et voit qu'il en contient une quinzaine ou une vingtaine. Alors je me plaçai sans me faire remarquer tout à fait derrière don Bosco sur la marche, les yeux à l'affût. Don Bosco commença la distribution. Les jeunes défilaient devant lui, heureux de recevoir le pain de sa main qu'ils baisaient, tandis qu'il disait un mot à chacun ou les gratifiait d'un sourire.

Tous les élèves - environ quatre cents - reçurent leur pain. La distribution finie, je voulus vraiment examiner le panier à pain, et à mon grand étonnement je constatai qu'il s'y trouvait la même quantité de pains qu'avant la distribution. Je restai abasourdi. Je courus tout droit vers ma mère, et je lui dis :

-     Je ne viens plus, je ne veux plus m'en aller, je reste ici. Pardonnez-moi de vous avoir fait venir à Turin.

Et je lui racontai ce que j'avais vu de mes propres yeux, en ajoutant :

-     Je ne veux pas quitter un saint comme don Bosco.

C'est la seule raison pour laquelle je suis resté à l'oratoire et que je me suis associé aux fils de don Bosco ».

François Dalmazzo devint salésien ; il fut pendant huit ans directeur du collège de Valsalice et pendant sept ans procureur général de la congrégation salésienne auprès du Saint-Siège.

 

 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : Miracles et vies de saints
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Mardi 30 janvier 2007 2 30 /01 /Jan /2007 08:43

 

Cet événement a été raconté par Giuseppe Buzzetti (l'économe qui travaillait d'arrache-pied aux côtés de don Bosco) et confirmé par Carlo Tomatis, qui fut parmi les premiers garçons hébergés par don Bosco. Voici comment il est raconté par Teresio Bosco dans Don Bosco (une des meilleures biographies du saint) :

"Le jour des morts, don Bosco emmène tous les enfants qui fréquentent l'oratoire le dimanche et les jours de fête, visiter le cimetière et prier. Il a promis, pour le retour, des châtaignes cuites. Il en a fait acheter trois gros sacs.

Pietro Stella, après avoir passé au crible ce fait en 25 pages de critique historique serrée, et souligné la probabilité douteuse de certains détails admis dans le « récit officiel » fait par don Lemoyne dans le volume III des M.B., conclut : « Pour en revenir au récit de don Bosco et au fait objectif, il serait souhaitable que l'on adoptât la relation Fassati » (Pietro Stella, Don Bosco dans l'histoire de la religiosité catholique, vol I, «La vie et les oeuvres », Pas-Verlag, Zurich, 1968, p. 257). C'est ce que nous avons fait.

Maman Marguerite n'a pas compris ce qu'il veut et en a faire cuire trois ou quatre kilos. Joseph Buzzetti, le très jeune « économe », arrive à la maison avant les autres, voit l'affaire et dit :

-     Don Bosco en sera malade. II faut le prévenir tout de suite.

Mais dans la cohue du retour de toute la troupe affamée, Buzzetti ne réussit pas à s'expliquer. Don Bosco prend le petit panier et commence à distribuer des châtaignes avec la vieille louche toute trouée. Dans le tohu-bohu, Buzzetti lui crie :

-     Pas tant que ça ! II n'y en aura pas pour tout le monde.

- Mais il y en a trois sacs à la cuisine.

-     Non, il n'y a que ça, que ça ! » essaie de lui répondre Buzzetti pendant que les garçons hurlent et se poussent en vagues excessives. Don Bosco est décontenancé.

-     Mais j'en ai promis à tout le monde. Continuons tant qu'il en restera.

Il continue à distribuer une louche à chacun. Buzzetti regarde nerveusement les quelques poignées restées au fond du panier et la file d'attente de plus en plus longue. Un autre commence à observer lui aussi. Et tout d'un coup, il se fait comme un silence. Les centaines d'yeux écarquillés ne perdent plus de vue ce panier qui ne se vide plus...

Il y en eut pour tout le monde. Et ce fut sans doute la première fois ce soir-là que les garçons, les mains pleines de châtaignes, crièrent : « Don Bosco est un saint ! ».

 

 

 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : Miracles et vies de saints
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /Jan /2007 09:07

En 1861, à l'oratoire, une équipe de personnes instruites et appartenant aux plus proches collaborateurs de don Bosco décide de se réunir de temps en temps pour raconter, à l'écrit, les épisodes marquants de la vie de don Bosco. Ces réunions sont secrètes ; elles se font à l'insu de don Bosco. L'équipe comprend don Alasonatti, don Rua (futur successeur de don Bosco), don Cagliero (futur évêque de Patagonie), Don Francesia (latiniste de renommée européenne), et dix autres salésiens. Ils sont tous convaincus que ce qui se passe autour de don Bosco a souvent un caractère exceptionnel et même vraiment surnaturel. Perdre le souvenir de ces événements, ce serait perdre un trésor. Il revient donc à chacun de prendre des notes. Pendant les réunions, les notes sont lues pour être corrigées en fonction de l'avis des autres, afin d'obtenir des récits exacts.

Don Lemoyne, en rapportant le fait dans le sixième volume de Memorie Biografiche, note : « Nous pouvons donc être certains de la vérité de ce que nous transmirent ces témoins. Au cours des années, d'autres les remplacèrent pour continuer le travail avec une égale affection pour don Bosco et pour la vérité ».

Ceci, bien entendu, est d'une grande importance. Rappelons que la connaissance en histoire s'appuie sur des témoignages dont la qualité est mesurée à l'aune de certains critères (sincérité des témoins, concordance de plusieurs témoins, etc.) Or il est clair que très souvent, les preuves utilisées en histoire ne sont pas d'une aussi bonne qualité que celles dont nous disposons pour connaître les miracles réalisés par don Bosco à partir de 1861.

 

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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /Jan /2007 13:55
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