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Portraits

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Ce site, rédigé par un professeur de philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Mardi 23 janvier 2007
par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Mardi 23 janvier 2007

 

Jean Cagliero, un proche de Don Bosco, a seize ans. Un soir d'août, il rentre malade. On suppose que sa maladie vient du fait qu'il a mangé des fruits avariés. Le médecin, appelé aussitôt par don Bosco, exprime un diagnostic terrible : c'est le typhus. Pendant tout le mois de septembre, son état s'aggrave et il souffre d'une forte fièvre. A la fin du mois, il a la peau sur les os. Deux médecins passent pour le voir et déclarent que son cas est désespéré. Ils conseillent à don Bosco de lui administrer les derniers sacrements.

 

Don Bosco est profondément troublé. Il aime de tout son coeur ce garçon. Il n'a pas la force de lui annoncer la nouvelle. Il demande à Giuseppe Buzzetti de le faire avec une extrême délicatesse. Pendant ce temps, il descend à l'église prendre le viatique.

 

Giuseppe Buzzetti a tout juste parlé à Cagliero quand don Bosco revient avec la custode du Saint Sacrement. Mais au lieu de s'avancer vers le lit, il s'arrête, comme s'il voyait quelque chose que les autres ne pouvaient pas voir. Soudain, son visage n'est plus triste. Il sourit et s'avance vers Jean, qui lui demande s'il va vraiment mourir. Don Bosco lui répond qu'il vivra, deviendra prêtre, et partira très loin. Après ces paroles, don Bosco reporte le viatique à l'église.

 

Quelques jours plus tard, la fièvre tombe et Jean peut se rendre à Castelnuovo pour une longue convalescence.

 

Pendant un certain temps, Buzzetti et Cagliero se demandèrent ce que don Bosco avait vu en entrant dans la chambre. La réponse, don Bosco la donnera lui-même plus tard :

 

« Je mettais le pied sur le seuil lorsque, tout à coup, je vis une grande lumière. Une colombe d'un blanc immaculé, qui portait un rameau d'olivier, descendait vers le lit du malade. Elle s'arrêta à quelques centimètres du visage pâli de Cagliero et lui laissa tomber le rameau sur le front. Aussitôt après, il me sembla que les parois de la chambre s'ouvraient et découvraient des horizons éloignés et mystérieux. Autour du lit apparurent une foule d'étranges silhouettes primitives. On eût dit des hommes sauvages d'une stature gigantesque. Beaucoup avaient la peau sombre, tatouée de mystérieux dessins rougeâtres. Ces géants au visage fier et triste se penchaient sur le malade et, tremblants, se mirent à chuchoter :

 

-    S'il meurt, qui viendra à notre secours ? ».

 

La vision dura peu de temps, mais j'acquis la certitude absolue que Cagliero guérirait ».

Plus tard, Jean Cagliero est devenu l'évangélisateur de la Patagonie (au sud de l'Argentine). Il en est devenu aussi le premier évêque. Don Bosco a fait d'ailleurs plusieurs rêves prémonitoires en rapport avec les missions des Salésiens dans ce pays, alors peu fréquenté par les missionnaires.

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Vendredi 19 janvier 2007

Don Bosco est le fondateur des Salésiens. Dès son enfance, il a été appelé à s'occuper de l'éducation des jeunes. Devenu prêtre, il a pu commencer à s'occuper des enfants pauvres des faubourgs de Turin. D'autres prêtres de la ville étaient déjà absorbés par cette tâche.

L'oeuvre de don Bosco est immense, et ses miracles sont tout aussi étonnants, à la fois par leur nombre, par leur diversité, et par la qualité des preuves que nous en avons.

Voici un des faits les plus étranges de la vie de don Bosco.

 

 

Au cours d'un après-midi glacial de décembre 1854 don Bosco raconte à don Alasonatti, Rua, Cagliero, Francesia, Buzzetti et Anfossi (les prêtres qui travaillaient avec lui) qu'il a fait un rêve étrange : il était au milieu du terrain de récréation et, tout à coup, avait vu arriver un valet de la cour royale, habillé de rouge, qui criait : « Grand enterrement à la Cour ! Grand enterrement à la Cour ! ».

Don Bosco raconte qu'à son lever, il a écrit au roi pour lui raconter ce rêve.

Cinq jours plus tard, le rêve semble se répéter, à ceci près : le valet habillé de rouge dit cette fois « Annonce : non pas grand enterrement à la Cour mais grands enterrements à la Cour !" De nouveau, dès qu'il se lève, Don Bosco écrit une lettre au roi d'Italie, lui demandant de "faire en sorte d'écarter les menaces de châtiments et le priant à cette occasion de s'opposer de toutes ses force à la loi en question".

Il s'agit d'une loi antireligieuse qui interdisait les ordres de soeurs et de moines contemplatifs, considérés comme des improductifs.

Le 5 janvier 1855, la reine mère Marie-Thérèse tombe gravement malade. Elle meurt une semaine après, le 12 janvier (à l'âge de 54 ans).

Le 20 janvier. On donne le sacrement des malades à la reine Marie-Adélaïde, épouse du roi Victor-Emmanuel II. Douze jours plus tôt, elle a donné naissance à un enfant et ne s'est pas remise. Elle meurt le jour même. Elle n'a que trente-trois ans.

Le 11 février, après vingt jours de maladie grave, meurt le prince Ferdinand de Savoie, duc de Gênes, frère du roi. Il a trente-trois ans.

Evidemment, cette série d'événements (trois enterrements à la cour en à peine un mois) n'est pas passée inaperçue. Le roi d'Italie connaissait le contenu des lettres envoyées par Don Bosco, et on peut supposer que certains de ses proches le connaissaient aussi.

Les abbés de l'oratoire (qui sont seuls, à l'oratoire, à connaître les songes et les lettres de don Bosco au roi) sont « terrifiés de voir réalisées d'une manière aussi foudroyante les prophéties de don Bosco », écrit don Lemoyne. « Même en période d'épidémie on n'avait jamais ouvert trois tombes royales en l'espace d'un mois ».

Pour en savoir plus sur la vie de Don Bosco, lire Teresio Bosco, Don Bosco, éd. Don Bosco (ce n'est pas difficile à retenir !). Ce livre est bien écrit, facile à lire, très bien documenté, et assez complet sans être trop long. Il replace les événements dans le contexte historique et politique de l'époque, ce qui permet d'apprendre aussi des choses sur l'histoire italienne du XIXè siècle.

 

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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Mardi 16 janvier 2007

 

 

 

Avant l’avènement du christianisme, Platon et d’autres philosophes païens avaient argumenté pour montrer l’immortalité de l’âme. On pourrait croire que les premiers philosophes chrétiens adoptèrent d’emblée ces arguments. En fait, parce qu’ils croyaient à la résurrection des corps, la seule survie de l’âme ne leur suffisait pas. Mais surtout, il est clair que si l’homme, après sa mort, subsiste naturellement par lui-même, il n’y a nul besoin d’un Dieu pour le ressusciter. Aussi, constate Gilson, « même les Pères qui admettent l’immortalité de l’âme refusent immédiatement de concéder à Platon que l’âme soit naturellement immortelle ». Certains auteurs chrétiens préfèrent dire que l’homme meurt tout entier, corps et âme, pour être ressuscité par Dieu. Mais cette idée suppose qu’il y ait une interruption dans l’existence de l’homme. On se demande alors si Dieu peut reconstruire entièrement un individu humain sans que cette création ex nihilo soit celle d’un nouvel individu différent du premier. Progressivement, la plupart des philosophes chrétiens ont cru à la survie de l’âme seule, complétée par la résurrection du corps.  

 

 

1.      L’observation du cerveau

 

Les nouvelles techniques d’observation du cerveau telles que l’IRM (imagerie par résonance magnétique) permettent de voir que chaque type d’activité mentale est lié à l’activité d’une certaine partie du cerveau. Par exemple, l’IRM permet de voir que pour une activité de mémorisation, ou bien pour une activité de raisonnement, c’est telle ou telle partie du cerveau qui est active. Cela prouve qu’il y a un lien étroit entre l’activité de l’esprit (raisonner, imaginer, se souvenir, etc.) et l’activité du cerveau.

 

2.      Réponse

 

Mais cela ne prouve ni que l’esprit soit le cerveau, ni même que chaque état ou activité de l’esprit soit causé par un certain état ou événement physique dans le cerveau. Ces observations prouvent seulement qu’il y a un lien entre ces deux types d’états, sans indiquer lequel est la cause de l’autre. En effet, on peut penser que l’esprit sollicite librement le cerveau pour agir et qu’il est donc la cause des phénomènes (flux sanguins, etc.) observés dans le cerveau, tout comme le fait que je lève le bras au moment où j’en ai l’intention ne prouve nullement que l’événement physique observable (le mouvement du bras) soit la cause de mon intention.

 

Par contre, si on découvrait que chaque décision d’un certain type était précédée d’un phénomène physique particulier précédant toujours et exclusivement les décisions de ce type, ce serait un puissant argument en faveur du matérialisme. Mais rien de ce genre n’a été observé jusqu’à maintenant.

 

3.      Le vieillissement de l’esprit

 

Le meilleur argument matérialiste est sans doute celui-ci : Nous savons, par expérience, que les capacités de notre esprit dépendent de l’état de notre cerveau et de notre corps. Par exemple, de nombreuses personnes âgées perdent la mémoire ou certaines facultés intellectuelles quand leur corps se dégrade. De même, une lésion du cerveau ou un infarctus peut entraîner une perte partielle de la mémoire ou du langage. Bref, l’esprit, dans son fonctionnement, est étroitement dépendant de la santé du corps. Il est donc très probable que quand le corps ou le cerveau cesse complètement de fonctionner, l’esprit cesse également de fonctionner et d’exister. La mort du corps entraîne inéluctablement la mort de l’esprit. Il n’y a donc pas de vie après la mort.

 

Ce problème philosophique n’est pas nouveau. Bien entendu, St Thomas d’Aquin sait que l’activité de l’esprit décline souvent en même temps que la santé du corps.

 

4.      L’intellect dépend de la sensation

 

Aristote et St Thomas pensent que l’activité intellectuelle est liée à l’imagination, qui est liée elle-même à la sensation. Par exemple, un géomètre a besoin de tracer des figures pour s’aider à raisonner. L’objet de son raisonnement n’est pas le triangle qu’il dessine, mais une catégorie de triangles (par exemple, les triangles isocèles). St Thomas et Aristote pensent que toute activité intellectuelle suppose un recours aux images sensibles (reçues directement par les sens ou stockées dans la mémoire). Or le fonctionnement des sens et de la mémoire dépend de certains organes.

 

5.      Réponse 1 : L’intellect n’a plus les mêmes besoins après la mort

 

St Thomas d’Aquin doit donc montrer qu’au moment de la mort, l’esprit survit malgré sa dépendance par rapport au corps dans lequel il s’est développé. Il soutient que l’esprit, une fois séparé du corps, n’a plus les mêmes besoins que lorsqu’il est lié au corps :

 

« l’âme humaine séparée du corps pense d’une autre manière que l’âme unie au corps, de même qu’elle est d’une autre manière (…) Tant que l’âme est dans le corps, elle ne peut penser sans image, ni se souvenir autrement que par les pouvoirs cogitatif et mémoratif, qui préparent les images, comme il ressort de ce que l’on a dit ; voilà pourquoi penser, selon cette manière déterminée, ainsi que se souvenir, <sont des opérations qui< sont détruites avec la destruction du corps. – L’être de l’âme séparée, en revanche, lui appartient à elle seule, indépendamment du corps. C’est pourquoi son opération, qui est de penser, ne s’accomplira pas non plus en recourant à des objets qui existent dans les organes corporels -les images-, mais elle pensera par elle-même, à la manière des substances qui sont totalement séparées des corps selon l’être » (Somme contre les gentils II, 81, §6). 

 

St Thomas ne donne aucun exemple à l’appui de cette affirmation. Que vaut son argument ? Nous y reviendrons un peu plus loin.

 

 

 

6.      Réponse 2 : L’intellect acquiert de l’autonomie

 

Le développement de l’intelligence, chez un enfant, passe par l’apprentissage du langage, qui suppose à son tour la sensation. Il est très difficile de développer l’intelligence d’un enfant à la fois sourd et aveugle (il faut employer un langage tactile !).

 

Cependant, plus notre intelligence se développe, moins elle dépend des images sensibles, et plus elle devient capable de penser abstraitement ou d’imaginer librement par elle-même les objets sur lesquels elle veut s’exercer. On pourrait donc penser que notre esprit, en grandissant, devient indépendant de la sensation qui le liait au départ au monde sensible, c’est-à-dire matériel.

 

Problème : ceci ne permet pas de montrer que l’esprit d’un enfant, dont l’intelligence est encore peu développée, peut subsister après la mort corporelle.

 

 

7.      Réponse 3 : L’intellect dépend du sensible comme un agent dépend de son objet

 

L’intelligence d’un enfant s’exerce d’abord sur des choses sensibles, autrement dit, sur ce qu’il peut voir, goûter, toucher, entendre ou sentir (il apprend des mots comme « chat », « jouet », « gâteau », avant de maîtriser des concepts comme « racine carrée » ou « suffrage universel », qui ne désignent rien de directement perceptible). L’intelligence d’un enfant dépend donc des choses perceptibles, mais comme un agent dépend de ce sur quoi il agit. Par exemple, un sculpteur ne peut sculpter sans une matière, mais si celle-ci vient à manquer, sa vie n’est pas en danger. Si on sépare le sculpteur de ses matériaux, il ne peut plus sculpter, mais il continue à vivre. Il en serait de même avec l’esprit et les images sensibles.

 

8.      Résumé du problème

 

Tout le problème est lié au fait que l’esprit, dans son fonctionnement, dépend manifestement de l’état du corps, en particulier du cerveau. L’argument du vieillissement de l’esprit ne signifie rien d’autre. La remarque d’Aristote, selon laquelle l’intellect ne peut fonctionner sans la sensation, rejoint la même idée.

 

9.      Réponse

 

Ceci dit, il est encore possible de soutenir qu’il y a une vie après la mort physique. Comment ? En distinguant le fonctionnement de l’esprit, et son existence. Admettons que l’esprit, au moment de la mort, soit entravé dans son fonctionnement. Cela ne prouve nullement qu’il doive cesser d’exister. Richard Swinburne le montre à l’aide d’une comparaison très simple. Soit une ampoule fixée sur un appareil dont elle reçoit l’électricité qui lui permet de briller. Cette ampoule dépend, dans son fonctionnement, du bon état de l’appareil, qui représente ici le corps. Mais si l’appareil est détruit, l’ampoule peut continuer d’exister, et même, de fonctionner. Il suffit de la relier à un autre appareil du même type ou à une autre source d’électricité. De la même, bien que l’esprit dépende du corps dans son fonctionnement, cela ne prouve pas qu’il en dépende aussi dans son existence.

 

Pour confirmer cette distinction entre deux formes de dépendance, nous pouvons multiplier les exemples à volonté : Je coupe les racines et les branches d’un jeune peuplier, comme pour me faire un bâton. Si je plante ce bout de bois dans un sol riche et humide, le peuplier peut survivre en se constituant de nouvelles branches et de nouvelles racines. Aussi dépend-il de ces organes dans son activité, mais non dans son existence.

 

Avec St Thomas, on peut même penser que le corps, en vieillissant, finit par entraver le fonctionnement de l’esprit, bien qu’il en soit d’abord une condition nécessaire. Une brebis, dans son activité, dépend assurément de l’état de ses membres. Pourtant, si l’un d’eux est atteint d’une gangrène, il finit par entraver l’activité de l’animal, épuisé par une vive douleur. Aussi l’amputation peut-elle faciliter la vie de l’animal[1].

 

10.   Y a-t-il des preuves positives de l’immortalité de l’âme ?

 

Contrairement à Platon, les philosophes chrétiens comme St Thomas d’Aquin, Descartes ou Swinburne cherchent avant tout à réfuter les arguments par lesquels on prétend prouver qu’il n’y a pas de vie après la mort physique. Cependant, quand on met en évidence l’autonomie de l’esprit par rapport au monde physique ou matériel, on montre, d’une certaine manière, la probabilité qu’il subsiste après la mort physique. Tout d’abord, l’intelligence conceptuelle et la raison, qui permettent de faire des déductions et de connaître des vérités éternelles et nécessaires, ne peuvent pas se réduire à la sensation. Ensuite, l’homme possède le libre arbitre. Donc il n’est pas soumis à un déterminisme strict : dans une situation donnée, un être humain a la capacité d’agir de plusieurs façons différentes. Si on admet que les choses du monde matériel sont soumises à des lois auxquelles l’homme n’est pas soumis, celui-ci est en partie immatériel ou imperceptible, puisqu’il échappe en partie aux lois qui gouvernent le monde perceptible[2].                                                       

 

 

               

 

 

 

 

 

Karl Popper (philosophe) et John Eccles (prix Nobel de médecine, neurophysiologiste) ont défendu ensemble la thèse dualiste. Pour Eccles, c’est au niveau des synapses que l’âme contrôle le cerveau.                                                                               

 

 

 



[1] On pourrait objecter que la bête, une fois amputée d’un membre, est quand même plus limitée qu’avant l’apparition de la maladie. Mais faisons un peu de science fiction : il est possible au vétérinaire du futur de remplacer la patte coupée par une excellente prothèse. A fortiori, un Créateur tout-puissant et omniscient peut former une prothèse parfaite, c’est-à-dire compléter notre être en lui redonnant un membre ou un corps entièrement fonctionnel et comme neuf.    

 

[2] La physique contemporaine admet l’existence de processus physiques indéterminés à un niveau subatomique. Même en tenant compte de cette indétermination relative des processus physiques, l’homme fait encore figure d’exception, car il est beaucoup moins déterminé que les autres réalités perceptibles. De plus, l’indéterminisme physique ne permet absolument pas d’expliquer l’existence du libre arbitre, car si un choix libre était simplement le résultat de processus physiques partiellement indéterminés, il échapperait au contrôle de l’agent, de même que le résultat, dans un jeu de hasard, n’est pas déterminé par le joueur.

 

par Héron mélomane publié dans : Métaphysique de l'esprit et de la liberté
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Vendredi 12 janvier 2007

I.                    L’exemple des saints

 

L’exemple des saints oriente l’intelligence et le cœur de l’homme vers Dieu. Dans Les raisons de croire, Mgr Léonard n’hésite pas à dire que l’exemple des saints est l’argument qui a le plus d’effet sur son esprit : « La fécondité débordante de leur vie est une éminente vérification existentielle qui signe la vérité de la foi à laquelle ils se sont voués (…). Les saints ne peuvent avoir tort, ils sont la preuve vivante de la vérité de la foi » (p 174 – lire aussi, page 171, le récit de la conversion d’Edith Stein, après la lecture de l’autobiographie de St Thérèse d’Avila).

 

·      Il est impossible que les saints mentent et peu probable qu’ils se trompent. La connaissance humaine repose, pour sa plus grande part, sur le témoignage d’autrui ; elle dépend donc surtout de la qualité des témoins. Or les saints sont d’une sincérité certaine, et très souvent, d’une intelligence supérieure. Il est donc peu probable qu’ils se trompent.

 

·       C’est d’autant moins crédible qu’ils sont nombreux et tous d’accord.

 

·       Or tous désignent le Christ comme leur maître, comme le Fils de Dieu, comme Dieu fait homme.

 

·       Leur témoignage est confirmé par leurs miracles, qu’ils expliquent eux-mêmes par l’intervention surnaturelle de Dieu.

 

 

II.                  Questions de méthode

 

Pour vérifier qu’un miracle s’est bien produit, on applique les critères de la connaissance par témoignage. Autrement dit, on procède de la même façon qu’un historien rigoureux qui refuse de se fier à n’importe qui. C’est ainsi que procèdent les personnes travaillant pour les causes de béatification et de canonisation. Bien entendu, un miracle récent est souvent plus facile à vérifier qu’un miracle éloigné dans le temps. Pourtant, il arrive qu’un miracle ancien soit mieux attesté qu’un miracle du XXème siècle. Tout dépend :

 

·        Du nombre des témoins d’accord entre eux, surtout s’ils ne se connaissent pas.

 

·        De leurs qualités. Il ne faut pas qu’ils soient malhonnêtes, ou illuminés. Dans certains cas, la constatation d’un miracle suppose des compétences particulières. Par exemple, une guérison ne peut être considérée comme miraculeuse qu’après des examens attentifs faits par des médecins aux compétences très sûres.

 

·        De l’absence ou non de témoignages contraires.

 

 

 

III.                L’objection théologique : « Dieu ne change pas d’avis »

 

Il y a principalement deux objections classiques contre la croyance aux miracles : une objection théologique, et une objection épistémologique. La première peut être ainsi formulée :

 

1.       Un miracle est un fait contraire aux lois de la nature et que l’on suppose dû à une force surnaturelle (en général, Dieu, dans la religion chrétienne). Ex : guérison extraordinaire, lévitation, bilocation, etc.

 

2.       Or d’un point de vue chrétien, c’est Dieu qui a créé la nature et ses lois.

 

3.       Donc les lois de la nature sont des lois divines ; elles manifestent la volonté de Dieu.

 

4.       Or, Dieu étant parfait et immuable, il ne change pas d’avis et ses volontés sont parfaitement cohérentes, c’est-à-dire éternelles, immuables.

 

5.       Donc Dieu ne peut pas agir à l’encontre des lois de la nature. Bref, les miracles sont impossibles.

 

 

Les propositions 1 et 2 sont difficilement contestables. Les points à discuter sont dans les deux étapes suivantes. En effet, tout dépend de ce qu’on appelle « manifester la volonté de Dieu ». Les lois de la nature ne la manifestent pas directement. On peut penser qu’il y a une hiérarchie dans les volontés de Dieu. Les premières volontés se rapportent aux fins ultimes. Dieu veut certaines fins, mais il veut aussi les moyens qui permettent de les atteindre. Toutes les volontés se rapportant aux moyens sont subordonnées par rapport à celles qui visent les fins ultimes. Soit x une fin ultime, visée pour elle-même. Il est tout à fait possible qu’une même chose soit tantôt un bon moyen, tantôt un obstacle à l’égard d’une même fin, par exemple, à l’égard de x.

 

Considérons l’exemple suivant : je veux être en bonne santé. Pour cette raison, je décide d’aller à la piscine tous les samedi matin, parce que j’y vois un moyen de rester en bonne santé. Pourtant, je n’irai pas à la piscine le samedi matin quand j’aurai rendez-vous ce jour-là avec un médecin. La même fin (la santé) me commande en général d’aller à la piscine, mais parfois aussi, de ne pas y aller. Ainsi, la même fin implique une règle subordonnée (aller à la piscine le samedi matin) et les exceptions à cette règle. Celles-ci sont des exceptions à l’égard de la règle subordonnée, mais non à l’égard de la première règle (rechercher la santé). Donc le fait que j’admette des exceptions à la règle subordonnée ne veut pas dire que je change d’avis, car ma volonté suit toujours la première règle.

 

Pour illustrer ceci, Leibniz a utilisé une métaphore mathématique : par un nombre limité de points, on peut toujours faire passer une ligne dont la trajectoire se conforme à une certaine équation, donc à une règle (aussi, même les lignes les plus complexes peuvent obéir à un ordre).

 

Prenons encore un exemple. Admettons que Dieu ait créé le cheval pour l’homme, par exemple, pour lui offrir une monture. Ceci n’empêche pas, d’après un texte bien connu du livre de l’Exode, qu’il fasse périr des chevaux égyptiens lors du passage de la mer rouge. Le miracle de la mer rouge implique-t-il une contradiction dans la volonté divine ? Non, car Dieu ne fait pas cela par haine des chevaux, ni pour priver l’homme de sa monture, mais pour sauver les Hébreux  de la colère du pharaon. Si Dieu se révèle au peuple hébreu, c’est pour révéler plus tard son amour à l’humanité entière. En sauvant le peuple hébreu, Dieu prépare le salut de toute l’humanité. Bref, un miracle comme celui-ci ne suppose pas que Dieu se contredise.

 

1.       La volonté divine est cohérente, car parfaite.

 

2.       Donc elle suit des lois constantes, qui ne sont jamais contredites.

 

Mais les lois de la nature ne sont pas nécessairement ces lois, ou pas directement. Elles ne sont peut-être que des lois subordonnées, c’est-à-dire des moyens.

 

 

Pourquoi Dieu fait-il des miracles ?

 

 

Nous ne le savons pas toujours. En tout cas, d’après les nombreux récits de miracles, ils lui permettent de manifester son existence en montrant qu’il y a un Etre au-dessus de la nature. Ils montrent aussi quelque chose de sa nature, par exemple, sa bonté et sa miséricorde (comme dans les guérisons miraculeuses, ou dans les conversions extraordinaires). Autre avantage : ils affermissent l’autorité des saints et de l’Eglise, en augmentent le rayonnement.

 

 

 

IV.                L’objection épistémologique (Hume)

 

 

Hume a montré qu’une grande partie de nos connaissances venait de l’induction. Or l’induction n’est pas rigoureuse. On appelle déduction toute inférence rigoureuse du point de vue logique. Par exemple :

 

(1)     Si Marie était là, sa voiture serait là.

 

(2)     La voiture de Marie n’est pas là.

 

(3)     Donc Marie n’est pas là.

 

 

Au contraire, l’induction n’est pas rigoureuse. En effet, elle part d’un nombre limité de cas, pour en tirer une affirmation universelle telle que « tous les corbeaux sont noirs ». Même si j’ai vu dix mille corbeaux noirs, et pas un seul d’une autre couleur, je ne puis déclarer avec une certitude absolue que tous les corbeaux soient noirs. Pourtant, nombre de nos connaissances sont de ce type. Par exemple, je crois que le soleil se lèvera demain, c’est-à-dire dans quelques heures et non dans six mois. Or je ne le sais que par induction. Dans les sciences de la nature, nos connaissances reposent également sur l’induction. Ces connaissances ne sont pas absolument certaines, mais nous ne pouvons pas les écarter sous prétexte qu’elles ne sont pas acquises par déduction. Si nous faisions cela, nous ne pourrions plus vivre, vu l’importance et le nombre des connaissances acquises par induction. Il n’y aurait plus de physique, plus de biologie, plus de médecine, plus d’industrie, plus de météo !

 

 

En revanche, on peut retenir le principe suivant : il faut admettre en priorité ce qui est confirmé par des expériences nombreuses, et se méfier des généralisations fondées sur quelques cas seulement.  C’est sur ce principe que Hume construit sa critique des miracles. En résumé, il dit ceci :

 

 

(1)     Moins une proposition est confirmée, moins elle est probable.

 

(2)     Moins une proposition est probable, moins elle mérite d’être crue.

 

(3)     Les faits contraires aux lois de la nature sont moins probables que ceux qui y sont conformes. Les faits extraordinaires sont moins probables que ceux qui sont conformes au cours normal des choses.

 

(4)     Donc il ne faut jamais croire ceux qui prétendent avoir assisté à un miracle, car l’affirmation contraire est toujours plus probable que la leur. Par exemple, si quelqu’un prétend avoir vu une autruche voler, je ne puis le croire, car il est plus probable que l’autruche en question ne puisse pas voler.

 

 

 

Réponse

 

 

Hume fait un bond entre (3) et (4) ; il saute plusieurs étapes. Bien sûr, si nous considérons un fait en lui-même, isolément, il est plus probable s’il est plus conforme au cours habituel des choses. Par exemple, il est peu probable que je me mette à léviter. Mais allons un peu plus loin…

 

Imaginons ceci : un homme de bonne foi dit avoir vu son confesseur en lévitation, à quelques mètres de lui, en plein jour et pendant un bon quart d’heure. Mieux encore : dix personnes de bonne foi ont assisté à cet événement. Je les connais depuis longtemps et elles n’ont jamais menti, à ma connaissance. Puis-je rejeter leur témoignage ? Il est très peu probable qu’elles mentent (quand c’est une plaisanterie, ça ne dure pas, et souvent, ça se voit aussitôt).

 

·       On voit qu’il s’agit de comparer deux degrés de probabilité. Qu’est-ce qui est le plus improbable : qu’un fait surnaturel se soit produit, ou bien qu’une personne tout à fait sincère ait menti sans aucune raison ? Si on admet que Dieu existe, on doit croire à la possibilité des miracles. Alors le fait le moins probable pourrait bien être le deuxième…

 

·       Si on prétend que le témoignage des hommes ne vaut rien, même quand il s’agit de personnes honnêtes, sincères, compétentes et intelligentes, alors on rejette toute connaissance par témoignage. Il faut donc rejeter toutes nos connaissances en histoire, en géographie, et dans bien d’autres domaines. Evidemment, cette position est intenable. Les épistémologues disent souvent que la plupart de nos connaissances reposent sur la confiance en d’autres personnes. Il faut donc reconnaître la valeur de la connaissance par témoignage et chercher quelles en sont les règles. Si mes meilleurs amis – ceux en qui j’ai le plus confiance - viennent me raconter un miracle, l’un après l’autre, je peux difficilement douter de leur témoignage, à moins d’être totalement dépourvu de sentiment humain. Mais cette confiance a une raison d’être :

 

 

1.    Ce ne sont pas des illuminés, ni des menteurs, et ils ont constaté le fait dans de bonnes conditions.

 

2.    Si Dieu existe, il est bon et il est donc probable qu’il y ait des miracles. Comme il est bon, il s’intéresse à ses créatures, à l’homme en particulier. Or le miracle a une utilité. Il Lui permet de manifester sa présence, sa toute-puissance, sa bonté, voire sa colère, et d’assurer le rayonnement des saints. Si un prétendu miracle n’a apparemment aucun sens, aucune utilité du point de vue de Dieu, il paraît douteux. Mais dans le cas contraire, il n’est pas impossible.

 

3.    L’Eglise reconnaît certains miracles. Pourtant, sa rigueur est connue dans ce domaine.

 

4.    Notons qu’il y a des constantes dans les miracles, à tel point qu’on peut les classer dans des rubriques : apparitions, guérisons miraculeuses, prescience ou connaissance surnaturelle, lévitations, bilocations, stigmates, multiplications des pains ou des hosties. Les miracles des saints les font ressembler au Christ (stigmates, multiplications des pains, lévitations qui rappellent l’Ascension) ou bien augmentent leur capacité de faire du bien (bilocations, connaissance surnaturelle). Les apparitions de la Vierge ou du Christ sont accompagnées d’un message.

 

5.    Même d’un point de vue strictement scientifique, on doit souvent admettre des faits contraires aux régularités observées. En effet, la science progresse en découvrant des faits contraires aux lois de la nature. Je m’explique : on a découvert, un jour, que la vitesse de la lumière était constante dans tous les référentiels, ce qui contredisait le théorème d’addition des vitesses. On a donc observé un fait apparemment contraire aux lois considérées jusqu’alors considérés comme des lois de la nature. Or ce fait a pourtant été admis, ce qui a finalement abouti, après des recherches acharnées, à la théorie de la relativité générale. Les révolutions scientifiques sont liées à l’observation de faits contraires à des lois fortement confirmées par l’expérience et considérées comme des lois de la nature. D’un point de vue épistémologique, la constatation d’un miracle est du même ordre qu’une expérience réfutant un énoncé appelé « loi de la nature »[1]. On peut même dire que la constatation, dans l’expérience scientifique, est plus complexe et moins sûre, car elle suppose l’utilisation d’un appareillage compliqué. Dans les deux cas, on se fie au témoignage des générations précédentes. Par exemple, les physiciens d’aujourd’hui ne se sentent pas obligés de refaire l’expérience par laquelle on a découvert un jour la constance de la vitesse de la lumière.

 

 

Le raisonnement de Hume serait juste si la connaissance par induction était toujours plus solide que la connaissance par témoignage. Or ce principe est faux. D’ailleurs, la connaissance par témoignage peut être considérée comme une forme particulière d’induction. Nous savons par induction que certaines personnes sont fiables et d’autres non. Par conséquent, quand on entend le témoignage d’une personne relatant un fait apparemment contraire aux lois de la nature, on doit comparer deux conclusions induites, en tenant compte du fait que si Dieu existe, les miracles sont possibles.

 

 

 

V.                  Quelques miracles bien attestés

 

 

Certains miracles sont particulièrement difficiles à contester. Par exemple :

 

·      Quand il y a eu beaucoup de témoins. A Fatima, le 13 octobre 1917, environ 70000 personnes assistèrent au miracle promis par la Sainte Vierge exactement deux mois plutôt « pour que tout le monde croie » : ils virent le soleil danser dans le ciel. Juste après, les enfants rapportèrent à la foule un message de la Sainte Vierge : elle invitait les justes à la prière et à la pénitence pour obtenir la paix et la conversion de la Russie.

 

·      Quand le témoin est extrêmement fiable. Par exemple, plusieurs saints ont raconté les miracles accomplis par eux volontairement ou non. Dans son autobiographie, Ste Thérèse d’Avila a raconté ses lévitations et l’embarras extrême qu’elle éprouvait à chaque fois que ce phénomène se produisait en public. L’authenticité de son livre ne fait aucun doute. A-t-elle menti ? Comment croire qu’une personne aussi sainte, dont la sincérité et l’humilité extrême imprègnent chaque page de son récit, ait pu mentir en s’attribuant des miracles inventés de toutes pièces ? Le cas de Don Bosco est également intéressant. Il avait de très nombreuses relations dans tous les milieux, dans la rue aussi bien qu’au palais royal ou dans les milieux intellectuels. Une équipe d’historiographes, tous amis de Don Bosco, s’est constituée et s’est réunie régulièrement de son vivant pour faire le récit de sa vie. Or le saint a fait de nombreux miracles en public. Mariam Beouardi a prédit deux fois des attentats à la bombe organisés contre le Vatican. Le premier attentat s’est effectivement produit. Du coup, la fois suivante, l’avertissement a été pris au sérieux et l’attentat a été évité. Tout cela a été raconté par des témoins, notamment par ceux qui avaient eu le tort, la première fois, de ne pas prendre au sérieux les avertissements de la jeune carmélite. Peut-on douter de leur sincérité ? Avaient-ils intérêt à inventer ces faits, et la prescience de sœur Mariam ? Le cardinal Antonelli n’avait pas intérêt à s’attribuer une fausse culpabilité. De plus, les cardinaux ne sont pas des illuminés ; ils ne reconnaissent pas facilement les miracles. Pour finir, je mentionnerai encore St Joseph de Copertino, qui a été vu en lévitation par ses supérieurs, par l’amiral de Castille et sa suite, par le pape Urbain VIII en personne, et par des aristocrates protestants parmi lesquels se trouvait le duc de Saxe, Johann Friedrich de Brunswick, qui fut par la suite le protecteur de Leibniz. Tous ces gens de la haute société étaient-ils des menteurs et des illuminés ? C’est peu vraisemblable…

 

·      Quand le miracle prend la forme d’une trace matérielle permanente, ou d’un document pouvant être examiné à volonté pendant plusieurs siècles. Depuis cinq cents ans, on peut admirer, à Guadalupe, une image représentant la Sainte Vierge sur le tilma de Juan Diego. Ce vêtement en feuilles d’agave aurait dû se décomposer en quelques dizaines d’années. Or il subsiste encore. Le miracle est donc patent. De plus, l’image qu’il porte n’a pas été peinte, ni dessinée d’une manière ou d’une autre. Enfin, dans les années 1950, des scientifiques ont découvert, en analysant l’image des yeux, qu’elle représentait en reflet, avec une parfaite conformité aux lois de l’optique, des personnages situés en face de la Ste Vierge. Evidemment, peindre une telle image aurait été un prodige d’habileté au début du XVIème siècle.

 

 

Conclusion

 

 

Chaque fait miraculeux, ou prétendu tel, doit être examiné soigneusement selon une méthode appropriée, soit la méthode historique, soit celle de l’archéologie ou de la médecine. Mais aucune critique épistémologique vraiment sérieuse ne peut réfuter d’avance toute croyance aux miracles. La critique humienne, qui a eu tant de succès, est dépassée. Elle date d’une époque où la connaissance par témoignage était entièrement négligée. D’ailleurs, au milieu du XVIIIème, la philosophie des sciences en était encore à ses débuts. Hume a été lucide en voyant l’importance de la connaissance inductive, mais il s’est trompé en comptant pour rien le témoignage, sur lequel repose pourtant la plus grande partie de nos connaissances.   

 

 



[1] On pourrait objecter ici que les débats sur la vérité ou la fausseté de la religion sont trop passionnés pour qu’on puisse s’y fier au témoignage d’autrui. Mais les passions entravent aussi la recherche scientifique. Il est difficile, pour un chercheur ayant défendu la même thèse pendant vingt ans, d’y renoncer d’un coup face au résultat d’une expérience, surtout si ce résultat, comme souvent dans les sciences contemporaines, fait nécessairement l’objet d’une interprétation délicate et complexe.

 

par Héron mélomane publié dans : Miracles et vies de saints
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