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Portraits

philoreligion.com

Ce site, rédigé par un professeur de philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

Mardi 8 mai 2007

 

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Jésus est un personnage unique dans l’histoire. La figure de Jésus est à la fois très paradoxale et très cohérente : elle réunit en elle-même des idées apparemment contraires entre elles, et cela de façon parfaitement cohérente. Jésus prétend être le Messie, et même il prétend être Dieu, et en même temps, il fait preuve d’une très grande humilité jusque dans cette prétention même, et cela avec cohérence (« Mon royaume n’est pas de ce monde »). Ceci est déjà unique dan l’histoire, car autrement, seuls des fous comme l'empereur Caligula, ont prétendu être de rang divin. Moïse, Mahomet, Bouddha, Confucius ou Al Halladj n’ont pas prétendu être de rang divin : il se sont présentés eux-mêmes, soit comme des prophètes, soit comme des maîtres de morale. Mais ce n’est pas tout : Jésus meurt crucifié et ses disciples proclament qu’il est ressuscité. La sincérité de leur témoignage est prouvée par le fait que les apôtres de la première génération ont préféré subir le martyre plutôt que de renier leur foi en Jésus ressuscité. La figure de Jésus est donc unique, et très cohérente malgré son aspect paradoxal, ce qui suggère qu’elle n’est pas le fruit de l’imagination humaine, mais d’une sagesse supérieure : celle de Dieu.

En outre, à partir de ces trois traits réunis en une seule personne, on aboutit logiquement aux plus profondes idées sur le bonheur, les fins dernières, la distinction entre le bien et le mal, etc.

De plus, ces trois points mis ensemble sont en parfait accord avec l’enseignement moral de Jésus et son enseignement sur les fins dernières.

Enfin, tout cela est dans la parfaite continuité de l’Ancien Testament, notamment des prophètes. En vivant et en s’exprimant ainsi, Jésus donne la clef d’interprétation des prophéties : les différentes figures des prophéties, malgré leur diversité apparente, se rassemblent en une seule : Jésus est à la fois le Roi messie et le serviteur discret et souffrant ; il est à la fois le « Fils d’homme » annoncé par Daniel, le Fils de Dieu, et Dieu lui-même venu, comme prédit, enseigner aux hommes sa volonté ; il est à la fois grand prêtre, prophète et roi ; il est à la fois le prêtre et la victime offerte en sacrifice.

Ajoutons que les grands héros de l'Ancien Testament ont tous quelque chose de commun avec Jésus, et ce quelque chose varie d'un personnage à l'autre : ils sont des préfigurations du Christ (Sur ce sujet, voir mon article intitulé "Jésus, pain de vie et Agneau immolé" dans la rubrique "prophéties").

Tout cela est-il l'effet du hasard ? Si c'est un concours de circonstances, il est d'une extrême improbabilité... 

Cet argument, somme toute classique, a été exposé plusieurs fois par le théologien Hans Urs von Balthasar, et repris (mais simplifié pour le grand public) par Mgr Léonard, dans Les Raisons de croire, éd. Fayard, 1987.

par Héron mélomane publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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Jeudi 3 mai 2007

Eleonore Stump, professeur à l'université de St Louis, a montré de façon très claire ce que suppose une des solutions traditionnelles au problème de la prescience divine et de la liberté humaine : celle de St Thomas d'Aquin. Cette solution suppose que Dieu soit hors du temps et que les événements que nous considérons comme des futurs contingents soient connus par Dieu comme s'ils étaient déjà fixés. Cette idée suppose que Dieu soit en quelque sorte simultané à tous les événements. Or cela pose évidemment un problème, car la relation de simultanéité est transitive : si a est simultané à b, et si b est simultané à c, alors a et c sont simultanés.

Dieu connaît aussi bien le résultat des élections présidentielles de 2012 que celui des élections de 1981. Mais si sa connaissance est simultanée à ces deux événements à la fois, alors ils sont simultanés entre eux, ce qui est absurde.

Il faut donc que la relation existant entre la connaissance divine et les événements du temps soient d'un type particulier, non transitif. Stump appelle cette relation "ET" (relation éternité-temps). Evidemment, cette relation est mystérieuse et sa nature nous échappe : tout ce que nous savons est qu'elle n'est pas transitive. 

Comme nous l'avons dit, la solution de St Thomas suppose la relativité des modalités : ce qui est contingent pour l'homme (ou de son point de vue) est nécessaire du point de vue de Dieu (puisque déjà fixé, déterminé). Mais cette relativité n'est pas difficile à admettre, car ce qui est contingent maintenant (le fait que je tape les prochaines lignes de cet article) ne sera plus contingent dans une heure : l'événement appartenant alors au passé, il est fixé, donc déterminé et nécessaire. Nous savons tous que les événements passés sont nécessaires, irrévocables.

Ce que suppose la thèse de Stump, c'est que Dieu soit dans un état tel qu'il peut connaître tous les évéments grâce à une relation non-transitive. Cette thèse est cohérente. Seulement, elle est obscure, et c'est pour cette raison que je préfère la thèse du Dieu ouvert, selon laquelle Dieu, bien qu'il ait la capacité de tout connaître, ne fasse pas systématiquement usage de cette faculté.

par Héron mélomane publié dans : L'existence de Dieu
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Samedi 28 avril 2007
Formulation du problème 

Dieu est parfait, donc omniscient. Dieu sait tout à l’avance. Mais comment pourrait-il savoir tout ce que les hommes vont faire ? L’homme est libre. Son comportement est donc imprévisible, au moins en partie. On voit que l’omniscience divine est incompatible avec la liberté humaine. Autant dire que l’existence de Dieu est incompatible avec la liberté humaine.

Un problème de définitions

·       « Liberté » : est libre, au sens large, celui qui peut faire ce qu’il veut. Or on peut imaginer cela chez un homme dont le vouloir est entièrement prédéterminé. Par exemple, imaginons qu’un savant fou le contrôle à distance en déterminant ses choix par des ondes, captées grâce à un minuscule appareil situé dans le cerveau.

·       « Libre arbitre », « Volonté libre » : capacité de vouloir librement, autrement dit, capacité de celui dont le vouloir n’est pas déterminé, contrairement à l’individu « téléguidé » par un savant fou. Or celui qui veut et choisit par lui-même a la possibilité de choisir autrement. Le libre arbitre est donc la capacité d’agir et de choisir autrement.

Pour certains auteurs, la liberté se définit comme ci-dessus (première définition). Elle est donc compatible avec la nécessité, ou avec un déterminisme absolu. Pour moi et pour la plupart des gens, la liberté bien comprise suppose le libre arbitre, qui s'oppose au déterminisme. La nature a des lois, mais elles ne déterminent pas entièrement le comportement des hommes.

 

Une solution traditionnelle

 

·          Dieu est parfait et omniscient. Il prévoit toutes les actions des hommes.

·          Les hommes agissent librement et ils ont la possibilité de vouloir autrement.

·          Comment concilier ces deux thèses ? En distinguant le point de vue de Dieu du point de vue de l’homme. Dieu ne connaît pas de la même façon que nous, car sa connaissance est parfaite. De plus, Dieu est hors du temps. On ne donc pas dire qu’il prévoit tout, car du point de vue de Dieu, tout est présent. Il se rapporte de la même façon à n’importe quel point du temps,  tout comme le centre d’un cercle est équidistant à tous les points du cercle.  

Objections 

1.       En disant que Dieu connaît le futur comme le présent, on ne résout pas le problème. Car les événements du présent, dès qu’ils sont connus ou dès qu’ils se produisent, sont aussi nécessaires et inévitables que des événements futurs prédits avec certitude. Si Dieu connaît tout comme le présent, alors tous les faits de l’histoire humaine sont absolument inévitables. eleonorestump2.jpg

2.       La seule solution pour sortir de cette difficulté consiste à dire que ce qui est nécessaire du point de vue de Dieu est contingent du point de vue de l’homme. Nos actes libres seraient donc absolument imprévisibles pour nous, mais parfaitement prévisibles pour Dieu. Cette solution a été envisagée par St Thomas d’Aquin. Mais elle pose problème, car normalement, les notions de nécessité et de contingence ne sont pas considérées comme relatives. En effet, cette solution revient à dire que tout est inévitable (car connu par Dieu comme le présent ou le passé), et en même temps, que certains faits peuvent être évités. Ce qui est évitable l’est absolument, et non seulement du point de vue de tel ou tel observateur. Dans un prochain article, nous verrons comment Eleonore Stump, une américaine, a reformulé cette solution.

  

La thèse du « Dieu ouvert »

 

Elle permet d’éviter la difficulté rencontrée par la thèse de St Thomas d’Aquin, mais elle prête le flanc à une autre objection. En résumé, la thèse du Dieu ouvert consiste à dire ceci :

En créant le monde et l’homme, Dieu a choisi librement de créer un monde où le mal pouvait surgir. Là-dessus, tout le monde est d’accord. Or cette idée s’applique aussi au problème de la prescience divine : en créant l’homme libre , Dieu a choisi librement de créer un être en partie imprévisible.

On pourrait dire que Dieu choisit de ne pas tout contrôler. Mais cette formule est sans doute excessive, car même s’il n’a pas tout prévu, Dieu répare tout. Ainsi, après la chute des anges prévaricateurs, puis celle de l’homme, Dieu s’est révélé et s’est incarné pour sauver les hommes.

Objection : Si Dieu ne prévoit pas tout, alors sa connaissance est imparfaite. Or Dieu est parfait.

Réponse : En fait, Dieu a bien une intelligence parfaite. Il a la capacité de tout prévoir, mais il n’exerce pas toujours cette faculté. C’est librement que Dieu a choisi de ne pas tout prévoir. Dieu possède donc la faculté de tout prévoir, mais il a aussi la faculté de ne pas user de cette faculté.

Dieu pourrait tout prévoir s’il le voulait ; il suffirait qu’il détermine les actions des hommes, mais alors, les hommes ne seraient pas libres. Bref, tout ce que montre la théologie naturelle, c’est que Dieu est capable de tout savoir. Or la thèse du Dieu ouvert ne nie pas l’existence de cette capacité.

Objection : Mais si Dieu ne prévoit pas les actions libres, alors il apprend quelque chose au moment où l’homme se détermine à agir d’une certaine manière. Donc Dieu dépend de l’homme, puisque le contenu de sa connaissance dépend des choix de l’homme. Or normalement, on considère Dieu comme un Etre absolument indépendant.

Réponse : Cette relation entre les actions humaines et l’intellect divin qui les connaît au fur et à mesure qu’elles se produisent (quand elles sont rigoureusement imprévisibles), cette relation –dis-je-, n’est pas une relation de dépendance. En effet, quand un être y est entièrement dépendant de x, c’est un non-sens de dire que x dépend de y. C’est comme si l’on disait que x est dépendant alors qu’il ne dépend de rien d’autre que lui-même. La dépendance est une relation asymétrique ; il n’y a pas de dépendance en cercle comme entre deux êtres qui se créeraient mutuellement. Puisque Dieu a tout créé, et que tout ce qui existe est entièrement dépendant de lui, on ne peut pas dire qu’il dépend de ses créatures. Et pourtant, il est indéniable que Dieu s’intéresse à ses créatures et agit pour leur bien, en fonction de ce qui leur arrive[2]. On ne peut pas y voir une relation de dépendance. Cette relation d’implication est d’une autre nature que la relation de dépendance. D’ailleurs, même si Dieu choisit de ne pas tout prévoir, il reste tout-puissant et entièrement libre dans cette décision de renoncer à une partie de sa prescience.

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Conclusion

Le débat est serré. Personnellement, je pense que la thèse du Dieu ouvert n’est pas contradictoire et qu’elle s’accorde bien avec la théologie chrétienne. Traditionnellement, sous l'influence des grecs, les philosophes chrétiens considèrent Dieu comme un Etre absolument immuable et hors du temps parce qu’il est parfait. Mais cette conception métaphysique de la perfection pose un problème dès qu’il s’agit de penser le rapport entre Dieu et le monde. Le Christ est Dieu, mais il a vécu à une certaine époque. Aussi, la deuxième personne de la Trinité n’est certainement pas hors du temps. L’idée d’un Dieu hors du temps doit-elle s’appliquer seulement au Père, ou bien faut-il y renoncer en disant qu’elle est trop marquée par le paganisme, par l’influence des grecs anciens  (Platon, et Aristote) qui voyaient Dieu comme un Etre impassible et plus ou moins indifférent au sort des hommes ? Le débat reste ouvert…  

En tout cas, je ne vois aucune raison de croire que Dieu connaît nécessairement tout. On peut seulement trouver des raisons de croire qu'il en a la capacité, ce qui n'est pas la même chose. Dieu est "Acte pur" dit-on, mais ça revient à dire que toutes ses facultés sont parfaites (par opposition à un enfant ou à un être inachevé) ; ça ne veut pas dire qu'il s'en sert en permanence, sinon il faudrait croire que Dieu crée toutes les choses simultanément et en permanence, ce qui est absurde.    

 



[1] St Thomas ne fait pas lui-même cette comparaison.

[2] Pour tout chrétien, même celui qui croit que Dieu est hors du temps, immuable, et parfaitement prescient, Dieu n’est pas indifférent au sort de l’homme. Dans les deux théories concurrentes, il est nécessaire d’admettre que les choix de Dieu se font en fonction de ce que sont les créatures et de ce qu’elles font. Que cette relation liant l’intellect divin aux créatures apparaisse ou non dans le temps ne change rien au problème. Dans les deux théories, on doit parler d’une relation d’implication qui n’est pas en même temps une relation de dépendance, à moins de devenir hégélien, et de dire, par exemple, que le Père est Fils du Fils parce qu’il ne serait pas Père sans son Fils.

par Héron mélomane publié dans : L'existence de Dieu
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Lundi 23 avril 2007

 

Dès les origines de la philosophie, les philosophes se sont fait une certaine idée de la perfection ou de la divinité. Par exemple, pour les Grecs anciens, la perfection implique l’immutabilité et l’éternité ; être parfait, c’est être indépendant, impassible, immuable, éternel. En effet, rien ne peut détruire ni influencer un être parfait. De plus, il n’a pas besoin de se mouvoir, car rien ne lui manque.

Petit à petit, cette conception de la perfection métaphysique a été plus ou moins reprise et corrigée par les philosophes chrétiens.

 

 

 

1.       Dieu = Etre absolument indépendant, donc illimité, tout-puissant, et absolument libre.                                                 

 

                                 

 

2.       Dieu = Etre éternel et nécessaire (i.e. qui ne peut pas ne pas être) car rien ne peut le détruire, le limiter ou l’influencer. Or on ne pense pas que Dieu puisse se suicider.

                                

 

3.       Dieu = Etre immuable, car rien ne peut le transformer en agissant sur lui, etc.

 

 

 

Question : comment montrer que Dieu est une personne ?

 

·  Si Dieu n’était pas une personne, il lui manquerait des perfections importantes : l’intelligence, la raison, la liberté, la volonté.

·  Dieu est tout-puissant, donc il a toutes les puissances ou facultés (sinon, certaines choses lui seraient impossibles). Toute faculté est une forme d’indépendance ; et Dieu est absolument indépendant. Une incapacité est toujours due à une cause interne ou externe (obstacle, défaut, maladie, imperfection, etc.). Si un être n'est pas incapable de faire une chose, il est capable de la faire. Dieu ne dépend d'aucune cause. Il a donc toutes les facultés, y compris celles de penser, de connaître, de vouloir, et d’aimer. Comme Dieu est parfait, on lui attribue ces facultés sous une forme parfaite : il a une intelligence parfaite, une volonté parfaite, etc. Finalement, on aboutit à l’idée d’un Dieu bon (car sa volonté est parfaite), et omniscient.

 

 

Les limites logiques de la toute-puissance

 

Ce point est de la première importance : Dieu est au-dessus des lois de la nature, mais il ne peut pas faire ce qui est logiquement impossible. Par exemple, il serait contradictoire qu’un Etre absolument bon fasse le mal. Donc Dieu ne peut pas faire le mal. Mais si cela est impossible, ce n’est pas à cause d’une forme d’impuissance ou d’imperfection ; au contraire, c’est précisément parce qu’il est parfait et tout-puissant qu’Il ne peut pas faire le mal. Il faut donc distinguer l’impuissance, ou incapacité, de la simple impossibilité. La toute-puissance implique une impossibilité qui n’est pas de l’impuissance. Ce principe est généralement admis, depuis St Thomas, par les métaphysiciens chrétiens. On le trouve chez Duns Scot, Leibniz, et Swinburne, pour ne citer que quelques noms.

Il n'y a ici aucune incohérence, car l'impossibilité logique qui fait que Dieu ne peut pas faire le mal n'a rien à voir avec une limite imposée par une cause ou par un obstacle. 

 

 

par Héron mélomane publié dans : L'existence de Dieu
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Lundi 16 avril 2007

(sur la photo : le mathématicien Kurt Gödel, qui a formulé une version de la preuve ontologique, version qui fut trouvée dans ses notes, après sa mort, et publiée en 1987)

Dans mon article sur la preuve modale de l’existence de Dieu, j’ai présenté un argument qui me paraît toujours correct, mais qui peut être simplifié. En effet, contrairement à ce que j’ai dit, il n’est pas nécessaire de résoudre le problème du mal pour que cet argument soit valable. Reprenons :

 

 

(1) Par définition, l’Etre nécessaire, s’il existe, existe dans tous les mondes possibles, y compris le monde actuel.

(2) Donc cet être ne peut pas exister dans certains mondes possibles seulement. Si c’était le cas, il serait contingent, donc il ne serait pas nécessaire. Donc soit l’existence de cet être est nécessaire, soit elle est impossible (autrement dit, il n’existe dans aucun monde possible).

(3) Or l’existence de cet être n’est pas impossible.

(4) Donc il existe dans tous les mondes possibles, y compris le monde actuel.

 

 

La proposition 3 est celle qu’il faut examiner. La charge de la preuve revient à ceux qui soutiennent que Dieu n’existe pas ; en effet, d’après cet argument, l’Etre nécessaire existe, à moins qu’on démontre que cette idée renferme une contradiction. Si la proposition « Il y a un être nécessaire » est contradictoire, alors l’être nécessaire n’existe pas. Dans le cas contraire, il faut conclure qu’il existe.

L’existence d’être imparfaits, souffrants, méchants, etc. ne constitue pas une objection contre cet argument, car l’impossibilité que l’athée doit prouver est une impossibilité logique, c’est-à-dire interne à la proposition « l’être nécessaire existe ». Il doit donc prouver que le concept d’être nécessaire est contradictoire.

A première vue, rien n’indique qu’il le soit. Il n’en est pas de même que dans la proposition « il y a des sphères cubiques ». En effet, la notion d’être, en elle-même est indéterminée (elle ne se définit pas aucune propriété particulière, contrairement à la notion de sphère). De plus, le fait d’être nécessaire n’est pas une limitation ; au contraire.

Il y a pourtant deux arguments utilisés par des athées pour montrer que la notion d’être nécessaire est contradictoire, mais nous allons voir, dans le prochain article, qu’aucun des deux n’est valable.

 

par Héron mélomane publié dans : L'existence de Dieu
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