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Ce site, rédigé par un jeune enseignant en philosophie, est consacré à la philosophie de la religion et à l'apologétique. Il présente des arguments clairs et quelques explications sur les grands philosophes incontournables dans le débat sur la foi et la raison. Si vous débutez en philosophie, rendez-vous à l'article "notions de base" dans la rubrique "foi, connaissance et raison".

La foi, la connaissance et la raison

Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /Fév /2007 08:42

Traditionnellement, surtout depuis Descartes et les "Lumières", on définit la rationalité de façon purement négative. Cette manière de voir aboutit à des incohérences : on applique aux croyances religieuses des critères qu'on est loin d'appliquer en histoire, dans les sciences humaines, voire dans les sciences de la nature (par exemple, les théories physiques ne sont pas démontrables à proprement parler). Au XVIIIème siècle, un philosophe écossais, Thomas Reid, a pris le contrepied de cette tendance en décrivant de façon positive et réaliste le fonctionnement de la connaissance humaine .

Descartes applique le principe suivant :

(PR) : Il ne faut rien croire sauf ce qui est démontré ou absolument évident. (il ne faut donc jamais se fier aux autres - ou même à ses propres facultés de connaissances, comme la vue - sauf si ce qu'ils disent est démontrable ou immédiatement évident).

Thomas Reid propose exactement l'inverse :

(PC) : Il faut croire que les choses sont comme elles semblent être, sauf s'il y a une apparence contraire et plus forte. Il faut donc se fier aux autres (ou à ses propres facultés de connaissance) sauf si on a une bonne raison de croire qu'ils ne sont pas fiables.

Reid note que si les enfants appliquaient le principe PR, ils "seraient absolument incrédules, et par conséquent, absolument incapables d'instruction". En effet, on ne peut rien apprendre si on applique ce principe. Quand un enfant apprend à parler, il ne peut apprendre le sens des mots qu'en se fiant aux personnes qui l'entourent. Par exemple, si on lui montre un chat en disant "Oh ! un chat !" il ne peut savoir que c'est un chat que s'il croie ce qu'on lui dit. Or, même à l'âge adulte, ce principe est valable. Par exemple, dans une enquête policière, on est souvent obligé de se fier à des témoins ; et on ne s'en méfie que si on a de bonnes raisons de le faire (s'ils ne sont pas sains d'esprit, s'ils sont intéressés, s'ils se contredisent, etc.).

Le principe de crédulité (PC) s'applique à toutes les facultés de connaissance. S'il vous semble "que vous voyez une orange ou que vous ouvrez une boîte de petits pois, alors probablement, vous voyez une orange ou vous ouvrez une boîte de petits pois. Bien plus, vous devez le croire, à moins que vous n'ayez une bonne raison de vous croire victime d'une illusion : pour cela, il faut qu'il y ait un conflit entre ce qui vous semble vrai et d'autres choses qui vous semblent également vraies. Par exemple, ce ne peut être une orange si vous pouvez passez la main au travers ; et s'il vous semble avoir passé la main au travers, c'est une raison de croire que vous êtes victime d'une illusion en croyant voir cette orange." (Richard Swinburne, The Evolution of the Soul, p.11)

Depuis vingt ou trente ans, l'oeuvre de Reid intéresse de plus en plus les philosophes anglosaxons, qui reprennent volontiers certaines de ses idées. 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /Déc /2006 21:39

Une des spécificités de la religion chrétienne est la relation étroite qu’elle a toujours entretenue avec la philosophie. Les philosophes chrétiens s’accordent généralement sur les points suivants :

1.      La foi ne repose pas sur des preuves purement déductives, ni sur des preuves parfaitement évidentes.

2.      Mais la foi chrétienne peut se justifier à l’aide d’arguments variés, qui relèvent le plus souvent de l’induction ou de l’inférence à la meilleure explication. Parmi ces preuves, il faut mentionner les preuves philosophiques de l’existence de Dieu, les miracles (confirmés par des méthodes médicales ou historiographiques), la vie des saints, la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament, la fécondité et l’universalité du message biblique, la cohérence philosophique et théologique de la doctrine chrétienne, et sa constante nouveauté. Ces preuves ne sont pas directement évidentes, mais elles sont suffisantes pour que le pari de la foi soit le plus rationnel.

3.      Il n’est pas nécessaire de connaître tous ces arguments pour commencer à croire. Dans tous les domaines (en science, etc.), on acquiert souvent la connaissance en se fiant à autrui, et sans savoir ce qui la justifie. Par exemple, on apprend certaines lois physiques avant d’en découvrir les preuves expérimentales. Bien plus : il arrive souvent qu’on ne fasse jamais l’expérience nécessaire (par exemple, je sais que l’Everest fait plus de 8000 m ; pourtant je n’en ferai jamais la preuve moi-même, et je crois que ce n’est pas utile). En bref, dans l’ordre naturel de la connaissance humaine, la foi précède généralement la connaissance des preuves.

4.      La théologie est une œuvre collective, tout comme n’importe quelle discipline scientifique. Personne n’est assez intelligent pour répondre, seul, à toutes les grandes questions philosophiques et théologiques. C’est pourquoi il est nécessaire de se fier, dans le domaine moral et théologique, à une autorité intellectuelle. Cette autorité appartient au Magistère[1] de l’Eglise, qui synthétise et coordonne les avancées de la raison dans le domaine théologique.

                             


                                     

 

[1] On appelle « magistère » le pape et les cardinaux quand ils s’expriment sur les questions les plus importantes dans les conciles, les documents de référence et les encycliques.

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /Déc /2006 20:59

pour faire de la philosophie

Inférer : tirer une conclusion ou acquérir une connaissance à partir de certaines données.

 

 

Induction : inférence qui aboutit à une conclusion générale à partir de plusieurs exemples du même genre. « Tous les corbeaux sont noirs » : cette conclusion est obtenue par induction à partir des corbeaux qu'on a eu l'occasion d'observer. L'induction n'est pas rigoureuse du point de vue logique. Elle n'est donc pas démonstrative à proprement parler, mais peut toutefois constituer une preuve ou une confirmation (d?une valeur limitée).

 

 

Déduction : inférence qui repose sur les règles de la logique ou du calcul mathématique. Ex : Tous les hommes sont mortels ; Socrate est un homme ; donc Socrate est mortel. Ou bien : 2 + 2 = 4, et 4 + 2 = 6 ; donc 2 + 2 + 2 = 6.

 

 

Inférence à la meilleure explication : inférence qui conclut en faveur de l'explication la meilleure, c'est-à-dire la plus simple ou la plus probable. Par exemple, si je vois des traces de pas dans la neige, disposées tout à fait comme si elles avaient été causées par un même individu, la meilleure explication consiste à dire que c'est un même et unique individu qui a produit ces empreintes en marchant. Mais il n'est pas logiquement impossible que les empreintes aient été produites par plusieurs personnes de même pointure, ou d'une autre manière encore. Seulement, ces hypothèses sont moins simples et moins probables. L'inférence à la meilleure explication occupe une place importante dans les procès, les enquêtes historiques ou policières, les théories physiques, et aussi dans la connaissance commune (ainsi qu'on peut le voir dans l'exemple des traces de pas).

 

 

Absolu : qui existe ou possède ses propriétés sans référence à autre chose, ou de façon indépendante. Par exemple, ce qui vaut absolument, c'est ce qui est toujours et partout valable, par opposition à ce qui ne vaut que dans certaines circonstances. Ex : le « zéro absolu » est la température la plus basse considérée comme physiquement possible (en l'absence de tout transfert d'énergie et de tout dégagement de chaleur). Ce zéro n'est pas celui de tel ou tel système de mesure (le système français, ou anglais, etc.). C'est pourquoi il est absolu. « L'Etre absolu », c'est Dieu, parce qu'il est (ou existe) de façon entièrement indépendante.

 

 

Relatif : qui se réfère à autre chose, ou qui dépend d'autre chose. « Relatif » s'oppose donc à « absolu ». Par exemple, ce qui a une valeur relative n'a par définition cette valeur que dans certaines circonstances, ou en fonction de certains critères qui ne sont pas universellement valables. « C'est relativement bon » : c'est bon par rapport à certaines choses, mais il y a aussi des choses meilleures. Le relativisme moral est la thèse selon laquelle il n'y a aucune norme ou valeur morale absolue, c'est-à-dire universellement valable.

 

Possible : qui peut être (ou qui peut être vrai, quand on parle d'une explication ou d'une proposition). Ce qui est possible est soit nécessaire, soit contingent.

 

 

Impossible : qui ne peut pas être (ou qui ne peut pas être vrai). Il convient de distinguer différents types d'impossibilité : certaines choses sont logiquement impossibles, c'est-à-dire contraires aux lois logiques ou mathématiques (par exemple, un cercle carré). On dit alors qu'elles sont absolument impossibles. D'autres sont physiquement impossibles, c?est-à-dire contraire aux lois de la nature (par exemple, un homme qui lévite, qui vole, ou qui se trouve à plusieurs endroits à la fois). Ce qui est physiquement impossible n'est pas toujours logiquement impossible. Par exemple, l'idée d'un homme qui vole ou qui lévite n'est pas contradictoire.

 

Nécessaire : qui ne peut pas ne pas être (ou bien qui ne peut pas ne pas être vrai). Par exemple, une vérité nécessaire est une idée ou une affirmation qui ne peut pas être fausse. Traditionnellement, les philosophes définissent Dieu comme l'Etre nécessaire, par opposition aux êtres contingents.

Par extension, « nécessaire » signifie souvent « indispensable ».

 

 

Contingent : qui peut ne pas être. Tous les êtres qui naissent ou qui meurent, tout ceux dont l'existence n'est pas éternelle, sont considérés comme contingents. De même, toutes les propositions qui sont vraies dans certains cas seulement (ou à certains moments) sont des vérités contingentes.

 

 

Probable : qui a des chances d'être vrai ou de se réaliser. « Probable » se dit d'un événement (ou d'une hypothèse) qui a plus de chances d'arriver (ou d'être vraie) que de ne pas arriver (ou d'être fausse). La probabilité s'oppose donc à la certitude, ainsi qu'à l'improbabilité. En calcul des probabilités, quand la probabilité est de 1, l'événement est considéré comme certain. Quand elle est de 0, il est impossible. Quand elle est supérieure à 0.5, il est plutôt probable, et quand elle est inférieure à 0.5, il est plutôt improbable.

 

 

 

 

 

 

 

Par Héron mélomane - Publié dans : La foi, la connaissance et la raison
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